Le Tongsai Bay, c’est 83 chambres éparpillées sur presque 29 acres de jungle tropicale autour d’une baie privée, sur la côte nord-est de Samui. Ouvert en juillet 1987 – le tout premier cinq étoiles de l’île –, c’est un hôtel qu’on connaît depuis longtemps ici, et dont le passage sous la marque Garrya du groupe Banyan Tree fin 2022 a fait couler pas mal d’encre chez les habitués. On va essayer de démêler ce qui a changé, ce qui n’a pas bougé, et si tout ça mérite encore le détour.
Le rebrand Garrya : ce qu’il faut savoir
Autant aborder le sujet tout de suite, parce que c’est la question que tout le monde pose. En décembre 2022, la famille Hoontrakul, propriétaire historique, s’est associée au groupe Banyan Tree. Le resort est devenu “Garrya Tongsai Bay Samui”, du nom de la marque wellness du groupe. On vous épargne le jargon marketing, mais Garrya, c’est leur label orienté bien-être, avec une philosophie baptisée “5S” – Self-care, Simplicity, Slow Life, Sleep & Rest, Savouring. Sur le papier, c’est du vocabulaire corporate. Dans la réalité, ça se traduit par quoi ?
Honnêtement, pas grand-chose de radical. L’hôtel a toujours été un endroit calme, ancré dans la nature, avec un rythme lent. Ce n’est pas Banyan Tree qui a inventé ça. Le resort a été construit en 1987 sans couper un seul arbre adulte – c’est leur fierté, et ils le rappellent souvent. La rénovation qui accompagne le rebrand est progressive, par phases. Certaines catégories de chambres ont été rafraîchies, d’autres attendent encore leur tour. Dans les faits, beaucoup de voyageurs qui réservent aujourd’hui ne remarquent même pas qu’il y a eu un changement de nom. Le personnel est resté le même, les cocotiers aussi.
Là où le rebrand a un vrai impact, c’est sur le positionnement tarifaire. Les prix ont sensiblement grimpé depuis l’arrivée de Banyan Tree. Un Seaview Hillside Suite démarre aux alentours de 160 dollars la nuit en basse saison – encore raisonnable – mais on grimpe vite au-delà de 500 dollars pour les catégories supérieures en haute saison. Le Banyan Tree Samui, la maison-mère du groupe installée à Lamai, facture dans la même fourchette pour un produit plus récent. C’est une comparaison que les voyageurs font de plus en plus souvent.
Situation et accès
Le Tongsai Bay occupe une presqu’île entre deux baies, dans le secteur de Choeng Mon, au nord-est de l’île. L’aéroport de Samui est à dix minutes en voiture – un avantage non négligeable quand on débarque d’un vol Bangkok Airways après une correspondance. On sort de l’avion, on monte dans la navette de l’hôtel, et vingt minutes plus tard on est au check-in avec un cocktail de bienvenue dans la main. C’est l’un des transferts les plus courts de tous les cinq étoiles de Samui. Le Big Buddha est visible au loin depuis le headland du resort, à environ vingt-cinq minutes à pied pour les courageux qui veulent s’aventurer hors de l’enceinte.
L’emplacement est à la fois la grande force et la petite faiblesse du resort. La grande force : on est dans une bulle. La baie de 200 mètres est privée, la presqu’île forme une barrière naturelle avec le reste de la côte, les voisins n’existent pas, et le soir on n’entend que les cigales et le ressac. Le genre d’endroit où on oublie qu’on est sur une île touristique. La petite faiblesse : on est coupé de tout. Choeng Mon village est à deux kilomètres, Chaweng à cinq minutes en voiture, le Fisherman’s Village à six kilomètres. Si vous comptez dîner dehors un soir sur deux, il faudra systématiquement prendre un taxi ou le service de navette. Ce n’est pas le genre d’adresse où on sort à pied boire un verre dans le quartier. Le contraste est frappant avec un resort comme l’Anantara Bophut, d’où on rejoint le Fisherman’s Village en cinq minutes de marche.
Pour certains, c’est exactement le point. On a croisé des couples qui passent sept nuits ici sans jamais quitter l’enceinte du resort. C’est possible, et c’est d’ailleurs un peu le concept. Le domaine est assez grand pour qu’on puisse se balader une heure sans refaire le même chemin. Mais si l’isolement vous pèse au bout de trois jours, mieux vaut le savoir avant de réserver. On connaît des gens qui ont adoré les trois premiers jours puis ont commencé à tourner en rond. La solution : louer un scooter, ou négocier les tarifs du taxi avec la réception, qui peut arranger des courses à prix fixe.
Les chambres et villas
Avec 83 unités réparties en une douzaine de catégories, le Tongsai Bay propose une densité remarquablement faible. Vingt-neuf acres pour 83 chambres, faites le calcul : c’est presque 3 500 m2 par clé. À titre de comparaison, le Ritz-Carlton Koh Samui tourne autour de 175 villas sur 23 hectares, et le Six Senses Samui case 66 villas sur 20 acres. Au Tongsai, cette densité ultra-basse se ressent physiquement : on peut se balader vingt minutes dans le resort sans croiser personne.
La signature de toutes les chambres, c’est le “bath-with-a-view” – une baignoire extérieure sur le balcon avec vue mer. C’est devenu assez courant dans le luxe thaïlandais, mais il faut rappeler que le Tongsai le faisait avant tout le monde. Les Seaview Hillside Suites, l’entrée de gamme, font entre 67 et 78 m2 en style bois thaïlandais, sur deux niveaux. C’est spacieux, bien agencé, avec cette patine du bois tropical qui plaît à certains et que d’autres trouvent datée.
Les voyageurs qui cherchent un vrai coup de coeur devraient viser les Tongsai Seaview Pool Villas. 180 m2, piscine privée, possibilité de connecter deux villas adjacentes pour les familles. C’est là que le rapport qualité-espace devient intéressant. À l’autre extrémité, la NangGong Double Pool Villa est une folie : 244 m2, deux piscines privées donnant sur deux baies différentes. On ne connaît pas d’autre resort sur l’île qui propose ça.
Il y a aussi une catégorie qui mérite un détour : les Wellbeing Seafront Pool Villas, 189 m2, avec piscine privée et un espace exercice intégré dans la villa. C’est clairement le produit Garrya, pensé pour les gens qui veulent faire du yoga le matin sur leur terrasse avant de plonger dans leur bassin. On n’est pas fan du concept “gym dans la chambre” en général, mais il faut reconnaître que l’exécution est propre. Et pour ceux qui voyagent en famille élargie, la Tongsai Three Bedroom Pool Villa (384 m2, deux chambres principales avec piscines privées plus une chambre twin) est un petit resort dans le resort.
Un point revient régulièrement dans les avis : certaines chambres, notamment les catégories d’entrée, accusent leur âge face à la concurrence plus récente. Le bois tropical vieillit bien quand il est entretenu, mais les salles de bain et certains équipements font parfois un peu “vintage” en comparaison avec ce que proposent le Conrad Koh Samui ou le W Koh Samui, ouverts bien plus récemment. On est dans cette zone où le charme du vécu peut basculer vers le “ça a besoin d’un coup de peinture” selon les attentes du client. La rénovation Garrya progresse, mais elle n’a pas encore touché toutes les chambres. Si vous êtes sensible à ça, demandez une chambre déjà rénovée au moment de la réservation – la réception est accommodante sur ce point.
La plage : parlons-en franchement
C’est LE sujet sensible du Tongsai Bay, et on ne va pas tourner autour. La baie est privée, 200 mètres de longueur, cadre magnifique. Mais le sable n’est pas cette poudre blanche que les gens imaginent quand ils réservent un resort cinq étoiles en Thaïlande. C’est un mélange de sable et de galets, avec des zones rocheuses. Ce n’est pas Chaweng, ce n’est pas Lamai.
C’est la plainte numéro un dans les avis en ligne, toutes plateformes confondues. Des voyageurs qui déboursent 500 ou 800 dollars la nuit et qui trouvent des cailloux sous leurs pieds. On comprend la déception. Le resort ne peut pas y faire grand-chose – c’est la géologie de cette baie –, mais il faut le savoir à l’avance.
En revanche, l’absence totale d’engins motorisés rend la baie très calme pour le snorkeling, le kayak et le paddle. Tout est mis à disposition gratuitement – catamarans Hobie inclus, ce qui est rare. L’eau est claire, surtout pendant la saison sèche entre janvier et avril, et on peut observer des poissons tropicaux sans aller bien loin du rivage. La dernière fois qu’on y était, un kayakiste avait repéré un petit requin-baleine à l’entrée de la baie. C’est anecdotique, mais ça donne une idée de la qualité de l’environnement marin quand on ne balance pas des jet-skis dans l’eau toute la journée.
La vue depuis la plage, avec les cocotiers et la jungle qui descendent jusqu’à l’eau, reste parmi les plus belles de l’île. Le soir, quand le soleil descend derrière le headland et que les lumières des bateaux de pêche apparaissent au large, c’est le genre de moment qui justifie le voyage. C’est un compromis : on troque le sable parfait contre l’intimité totale et un environnement naturel préservé. Si le sable est votre critère numéro un, le Sala Samui ou le Meliá Koh Samui seront plus adaptés. Si c’est le calme et la nature, le Tongsai n’a pas beaucoup de rivaux.
Piscines, spa et sport
Deux piscines, ce qui n’est pas énorme pour un resort de cette taille. La piscine principale fait 50 mètres, en eau douce, avec un bassin pour les enfants. L’emplacement est agréable mais plusieurs voyageurs notent qu’elle peut paraître un peu étroite aux heures de pointe, et que l’esthétique mériterait un coup de jeune. La Half-Moon Pool, perchée sur la colline, est réservée aux plus de 14 ans. C’est un bassin infinity avec une vue dégagée sur la baie, beaucoup plus séduisant.
Le 8LEMENTS Spa s’inscrit dans la logique wellness du rebrand Garrya. Soins du visage, massages, aromathérapie, le tout dans un jardin tropical. Rien de révolutionnaire – on est loin de l’expérience immersive d’un Six Senses –, mais c’est soigné et le cadre est agréable. Ils proposent même des soins spa pour les enfants, ce qui ravira les familles.
Le gym fonctionne 24 heures sur 24, ce qui est un vrai plus pour les lève-tôt ou les insomniaques. Court de tennis éclairé en haut de la colline, salle de yoga avec cours collectifs et privés, et tout l’attirail nautique non motorisé : catamarans Hobie, kayaks, paddleboards, masques et tubas.
Un mot sur le kids club : il accueille les 3-12 ans avec des activités art, plein air et même du yoga pour enfants. C’est un point souvent sous-estimé du Tongsai Bay. Malgré son image de resort romantique, il fonctionne très bien pour les familles. Les parents déposent les enfants le matin, vont faire un soin au spa ou se prélasser à la Half-Moon Pool (interdite aux moins de 14 ans), et récupèrent des gamins ravis d’avoir fait de la peinture et du kayak. On a lu des avis de familles qui reviennent chaque année depuis cinq ou six ans, ce qui en dit long sur l’attachement que cet endroit génère.
Le tennis mérite aussi une mention. Le court est perché en haut de la colline, éclairé pour les matchs en soirée, avec des raquettes et des balles fournies gratuitement. Ce n’est pas un argument de vente majeur, mais quand on a envie de se dépenser autrement qu’en nageant, c’est appréciable. La vue depuis le court est par ailleurs spectaculaire – on domine les deux baies.
Le terrain : un défi physique
On en parle peu dans les brochures, mais le Tongsai Bay est construit sur une colline. Et pas une petite pente douce. Certaines suites sont perchées haut, et pour descendre à la plage ou à la piscine, il faut emprunter des chemins en pente assez raides. Le resort dispose d’un service de buggy, mais les avis sont partagés sur sa réactivité. Pendant les périodes creuses, ça va. En haute saison, l’attente peut être longue.
Pour les personnes à mobilité réduite, c’est un vrai problème. Le resort n’a pas été pensé pour ça, et il faut être honnête : si vous avez des difficultés à marcher, ce n’est probablement pas le bon choix. Même pour des voyageurs valides, remonter la colline sous 35 degrés et 80% d’humidité après une journée de plage, c’est un effort. Un voyageur résumait la chose avec humour : “au bout de la semaine, on avait les mollets d’un coureur de trail.”
Restaurants et cuisine
Quatre espaces de restauration, plus un espace coworking ouvert 24 heures (le Nest, dans le lobby). Le Tongsai a toujours été un bon plan petit-déjeuner, et ça n’a pas changé. Le Rhoy Rhoy!, restaurant principal, sert un buffet matinal que beaucoup considèrent comme l’un des meilleurs de Samui : boulangerie maison, jus frais pressés, options végétales. On a lu des dizaines d’avis qui utilisent le mot “institution” pour décrire ce petit-déjeuner. C’est mérité.
Le Fish Tales, les pieds dans le sable, fait bistrot décontracté le midi et monte en gamme le soir avec des fruits de mer. L’EVOL, près de la Half-Moon Pool, mise sur une cuisine healthy, souvent végétale et nutritionnellement calibrée – clairement la touche Garrya. Et le Po-Lad Beach Bar & Bistro complète l’offre avec des cocktails créatifs et des tapas asiatiques.
Le Po-Lad, le bar de plage, est l’endroit idéal pour l’apéro. Cocktails créatifs, tapas asiatiques, ambiance détendue. C’est là qu’on se retrouve en fin de journée quand le soleil commence à baisser. Pas de musique tonitruante, pas de DJ, juste le bruit des vagues et des conversations à voix basse. Si vous venez du Nikki Beach ou du W, le changement de rythme sera radical.
Et puis il y a le Nest, dans le lobby, qui fonctionne 24 heures sur 24 comme espace coworking et lounge. Café, snacks légers, Wi-Fi correct. Pour les digital nomads ou les voyageurs d’affaires qui ont besoin d’envoyer quelques mails, c’est pratique. Mais soyons honnêtes : si vous ouvrez votre ordinateur au Tongsai Bay, vous passez à côté de quelque chose.
Le bémol de la restauration ? Les prix. On est dans du tarif resort de luxe, ce qui est normal, mais plusieurs voyageurs trouvent que la facture est salée même par rapport à d’autres cinq étoiles de l’île. Un dîner pour deux au Fish Tales avec une bouteille de vin peut facilement dépasser les 200 dollars. Le midi, un plat de pad thai coûte trois à quatre fois ce qu’il coûterait dans une gargote de Choeng Mon. Et comme on est isolé, les alternatives du quartier ne sont pas à portée de marche. C’est le piège des resorts reculés : une fois sur place, vous êtes un peu captif de la carte. La seule parade : profiter des promotions “Stay 7 Pay 6” qui incluent parfois des crédits restauration, ou réserver en demi-pension si l’option est disponible.
Les moustiques : le prix de l’écologie
Le Tongsai Bay porte ses convictions écologiques avec fierté. Trente prix environnementaux, pas d’engin motorisé sur la plage, politique zéro déforestation depuis 1987. C’est admirable. Mais il y a un revers : le resort refuse d’utiliser des insecticides chimiques dans ses jardins. Résultat, les moustiques sont au rendez-vous, surtout en fin de journée et pendant la mousson.
Ce n’est pas un détail. Si vous êtes du genre à vous faire piquer dès que le soleil descend, prévoyez votre propre répulsif. Certains voyageurs mentionnent des nuits compliquées malgré les moustiquaires. Le resort fournit des sprays naturels et des bougies à la citronnelle, mais leur efficacité est… relative.
L’héritage écologique : pas du greenwashing
On en a parlé à propos des moustiques, mais l’engagement environnemental du Tongsai Bay mérite qu’on s’y arrête. Ce n’est pas un resort qui a collé une étiquette “eco-friendly” sur sa brochure en 2020 quand c’est devenu tendance. L’approche date de 1987, de la fondation même du lieu. La famille Hoontrakul a posé une règle simple : aucun arbre adulte ne serait abattu pour construire l’hôtel. Résultat, les bâtiments ont été dessinés autour de la végétation existante, pas l’inverse. C’est pour ça que les chemins serpentent au lieu d’aller droit, que certaines suites ont des formes inhabituelles, et que la canopée est aussi dense après presque quarante ans.
Le resort a accumulé plus de trente prix environnementaux, dont le Responsible Thailand Award et la certification Green Growth 2050. Les activités nautiques sont exclusivement non motorisées. L’éclairage est basse consommation. Les produits du spa utilisent des ingrédients locaux. Est-ce que c’est parfait ? Non. Un resort de luxe de 83 chambres aura toujours une empreinte carbone significative, et personne ne sauvera la planète en prenant un bain à remous avec vue sur la mer. Mais dans le paysage hôtelier de Samui, où les resorts poussent souvent au mépris total du littoral, le Tongsai fait figure d’exception sincère.
C’est aussi un argument pour les voyageurs qui ont des enfants et qui veulent leur montrer qu’un hôtel de luxe peut coexister avec son environnement. Les sentiers nature dans le domaine, les explications sur la faune et la flore par le personnel, la proximité directe avec la nature sauvage – c’est un enseignement silencieux mais puissant.
Ce que disent les voyageurs
Avec un 9.4 sur Booking.com (plus de 1 100 avis) et un quasi-parfait sur TripAdvisor (top 2 à Bophut, top 10 sur l’île, plus de 3 000 avis), les notes parlent d’elles-mêmes. Mais les chiffres ne racontent pas toute l’histoire.
Ce qui revient le plus souvent dans les avis positifs, c’est le personnel. Pas juste “le staff est gentil”, mais des récits précis de membres de l’équipe qui se souviennent du prénom de vos enfants d’un séjour à l’autre, qui retiennent que vous prenez votre café sans sucre, qui déposent un bouquet dans la chambre pour un anniversaire sans qu’on le leur ait demandé. Ce n’est pas du service de luxe formaté, avec le sourire mécanique et la phrase apprise par coeur. C’est quelque chose de plus rare : de la vraie gentillesse thaïlandaise, le genre qu’on retrouve dans les petits restaurants de village, mais appliquée à un standard cinq étoiles. Le Tongsai Bay a un taux de fidélité client parmi les plus élevés de l’île, et c’est très probablement la raison principale.
La propreté est mentionnée dans presque tous les avis positifs. La beauté du site aussi – ces 28 acres de jardins tropicaux luxuriants, avec des arbres vieux de quarante ans et des chemins qui serpentent à travers la végétation, créent une atmosphère qu’aucun resort récent ne peut reproduire. On ne plante pas de la maturité. Le Hyatt Regency ou le Renaissance sont des hôtels flambant neufs et très bien faits, mais ils n’ont pas cette patine, cette impression de forêt habitée que le Tongsai dégage.
Les points de tension, on les a déjà évoqués : la plage caillouteuse, le terrain pentu, les moustiques, les prix de la restauration. Il faut ajouter la localisation isolée, qui n’est pas un défaut en soi mais qui surprend les voyageurs qui n’avaient pas anticipé le côté “coupé du monde”. On lit aussi des commentaires sur la piscine principale qui mériterait un lifting esthétique et qui peut sembler exiguë quand le resort est complet – un comble pour un domaine de 29 acres.
Pour qui ?
Le Tongsai Bay fonctionne pour plusieurs profils, et c’est sa force. Les couples en quête de romantisme trouveront une baie privée au coucher du soleil, des dîners les pieds dans le sable au Fish Tales, et des villas avec piscine privée pour ceux qui veulent se faire plaisir. Pour un voyage de noces, c’est un choix solide – moins tape-à-l’oeil que le Four Seasons ou le Conrad, mais plus intime et plus authentique.
Les familles apprécieront le kids club, la piscine principale avec son bassin enfants, les activités nautiques gratuites, et la possibilité de connecter deux villas adjacentes dans la catégorie Tongsai Seaview. C’est un des rares resorts sur Samui qui réussit à plaire aux couples ET aux familles sans que les uns ne gênent les autres – la taille du domaine absorbe tout le monde.
Les amateurs de wellness se sentiront chez eux avec le spa, le yoga et la cuisine healthy de l’EVOL. C’est le créneau que le rebrand Garrya pousse le plus, et il faut reconnaître que le cadre s’y prête naturellement. Les coureurs de trail et les marcheurs seront aux anges aussi : le terrain vallonné du resort offre un vrai parcours sportif sans sortir de l’enceinte.
Et les voyageurs écoresponsables seront séduits par un resort qui a posé ses fondations écologiques trente ans avant que ce soit à la mode. Ce n’est pas du marketing, c’est de l’ADN.
En revanche, si vous cherchez une plage de sable blanc, passez votre chemin. Si vous aimez sortir le soir, explorer des restaurants locaux, avoir la ville à portée de main, vous serez frustré. Si vous avez des problèmes de mobilité, le terrain n’est pas adapté – on insiste là-dessus parce que c’est un vrai problème, pas un inconvénient mineur. Et si votre budget est serré, les tarifs post-rebrand Garrya ont clairement repositionné le resort vers le haut. Pour le même prix en basse saison, l’Explorar Koh Samui ou le Mantra Samui offrent des produits plus récents, même s’ils n’ont pas le cachet historique.
Infos pratiques
| Catégorie | 5 étoiles |
| Nom officiel | Garrya Tongsai Bay Samui |
| Chambres | 83 suites, cottages et villas |
| Tarifs | à partir de ~160 $/nuit (basse saison), jusqu’à 1 000 $+ en haute saison |
| Quartier | Choeng Mon, côte nord-est |
| Plage | Baie privée de 200 m (sable et galets) |
| Aéroport | 10 km (~10 min en voiture) |
| Restaurants | 4 (Rhoy Rhoy!, Fish Tales, EVOL, Po-Lad) |
| Piscines | 2 (principale 50 m + Half-Moon adults-only) |
| Spa | 8LEMENTS Spa (10h-20h) |
| Idéal pour | Couples, familles, amateurs de nature et de wellness |
| À éviter si | Mobilité réduite, besoin de sable blanc, envie de vie nocturne |
| Wi-Fi | Inclus |
| Réserver | Voir sur Booking.com |
Notre avis
Le Tongsai Bay reste un hôtel à part sur Koh Samui. Pas le plus clinquant, pas le plus moderne, pas celui avec la plus belle plage. Mais un endroit avec une âme, construit il y a bientôt quarante ans par des gens qui aimaient cette colline et cette baie, et qui ont eu l’intelligence de ne pas massacrer le paysage pour y poser des bâtiments. Ça se sent encore aujourd’hui dans chaque recoin du domaine.
Le rebrand Garrya est un habillage marketing plus qu’une transformation profonde. Le resort est toujours le même, avec ses qualités intactes – le service exceptionnel, le cadre naturel unique, cette densité ultra-faible qui donne l’impression d’avoir la jungle pour soi – et ses défauts persistants : la plage imparfaite, le terrain physiquement exigeant, l’isolement qui peut lasser. Si Banyan Tree décide un jour de pousser la rénovation à fond et d’investir massivement dans les catégories d’entrée, le Tongsai pourrait redevenir le meilleur resort de l’île, sans discussion. Pour l’instant, il reste dans le peloton de tête, mais il ne domine plus comme dans les années 2000.
Si on devait conseiller un ami, on dirait ceci : le Tongsai Bay est fait pour les gens qui ne veulent rien faire pendant une semaine. Pas “rien faire” au sens péjoratif – plutôt se réveiller sans réveil, prendre un petit-déjeuner de deux heures face à la baie, nager dans une eau sans jet-ski, lire au bord de la piscine infinity, dîner les pieds dans le sable, et recommencer le lendemain. Si c’est votre définition des vacances, vous ne trouverez probablement pas mieux sur l’île. Si vous avez besoin d’animation, de vie nocturne ou de sable parfait, regardez plutôt du côté de Chaweng ou du Fisherman’s Village.
Un dernier conseil pratique : réservez entre avril et novembre, quand les tarifs descendent en dessous de 200 dollars pour les suites d’entrée de gamme. C’est la mousson, certes, mais la mousson à Samui, c’est une heure d’orage tropical en fin de journée suivie d’un coucher de soleil spectaculaire. Le Tongsai sous la pluie, avec les jardins qui dégoulinent de vert et la baie déserte, c’est peut-être sa version la plus belle.
À lire aussi : découvrez le Banyan Tree Samui pour comparer avec la maison-mère du groupe, le Cape Fahn Hotel pour une alternative île privée encore plus isolée, le Six Senses Samui pour un concurrent direct en éco-luxe haut de gamme, et le Centara Reserve Samui pour un cinq étoiles récent avec une plage nettement plus belle.

Le Tongsai Bay (ou Garrya maintenant, j’ai du mal avec ce nouveau nom) reste pour moi LE resort historique de Koh Samui. J’y suis allé pour la première fois en 2008 et j’y retourne régulièrement. Le domaine est immense, en pleine nature, avec des cottages dispersés dans la végétation tropicale. C’est un pionnier de l’hôtellerie de luxe sur l’île et ça se sent dans l’ADN du lieu. Le rebrand en Garrya modernise l’image mais l’âme est toujours là.
On y était en janvier. Le cadre naturel est exceptionnel — on croise des varans, des oiseaux tropicaux, c’est vraiment la jungle luxuriante. L’hôtel vieillit avec grâce, même si certaines parties auraient besoin d’un rafraîchissement. Le passage sous l’enseigne Garrya (groupe Hyatt) devrait apporter des investissements. La plage privée est magnifique et quasi déserte.
faut quand meme dire que pour un 5 étoiles, certaines chambres ont des finitions qui datent. les salles de bain notamment. le cadre naturel compense largement mais bon. et c’est quoi ce rebrand en garrya ?? personne connait ce nom, tongsai bay c’etait parfait
Nous y séjournons chaque année depuis 2015. C’est un lieu à part, hors du temps. La philosophie écologique du resort (pas de jet-ski, respect de la faune) est admirable. Le petit-déjeuner face à la baie est un moment de pure félicité. J’espère que le passage chez Hyatt/Garrya ne va pas dénaturer cet esprit.
Est-ce que le rebrand Garrya a changé quelque chose concrètement ? Nouveaux services, rénovations ? Ou c’est juste un changement de nom pour l’instant ? On hésite à réserver pour décembre.
Un resort pionnier qui mérite le détour ne serait-ce que pour son histoire et son cadre naturel unique. Les cottages sur pilotis dans la jungle sont une expérience en soi. Le personnel, dont certains sont là depuis l’ouverture, incarne une hospitalité rare. Oui ça vieillit un peu, mais avec une élégance qui force le respect.
Séjour de 6 nuits en avril. Points positifs : le domaine est immense et magnifiquement intégré dans la nature, la plage est superbe, le service est excellent. Points négatifs : les chambres standard mériteraient une rénovation sérieuse, le WiFi est catastrophique dans les cottages éloignés, et les tarifs restent élevés pour le niveau de confort. Le nom Garrya ne me dit rien, dommage d’avoir abandonné Tongsai Bay qui avait une vraie identité.
Si vous aimez la nature et les grands espaces, foncez. C’est le seul resort de Samui où on a l’impression d’être dans une réserve naturelle. Les enfants ont adoré observer les animaux. Un lieu magique qui traverse les décennies.
Nous connaissions ce resort sous le nom Tongsai Bay depuis 2003. C’est un endroit qui a une âme, chose rare dans l’hôtellerie moderne. Le rebrand en Garrya nous a surpris mais après notre dernier séjour, l’essentiel est préservé. La baie privée reste un joyau.