W Koh Samui : avis complet, villas avec piscine privée et expérience design sur la côte nord

Le W Koh Samui, c’est le resort où on va boire un verre un vendredi soir en sachant qu’on tombera sur quelqu’un qu’on connaît. Soixante-quatorze villas, chacune avec sa propre piscine, un bar au bord de l’eau qui s’anime dès que le soleil descend, et un restaurant japonais qui vaut le détour même quand on n’y dort pas. Il divise : certains adorent l’énergie du lieu, d’autres trouvent que le vernis s’écaille – au sens propre.

Mae Nam : le bon côté de l’île

On ne va pas tourner autour du pot : Mae Nam est le quartier où on choisit de vivre quand on s’installe à Koh Samui. Pas pour le clinquant – il n’y en a pas – mais pour le rapport qualité de vie. Un village de pêcheurs qui existe encore vraiment, un marché du jeudi soir où les locaux viennent manger entre eux plutôt que de poser pour des touristes, des temples qu’aucun bus touristique ne visite, et une plage longue de plusieurs kilomètres où on peut marcher vingt minutes sans croiser un parasol de location. Le quartier a aussi ses restaurants de bord de route, ses massages à 300 bahts, ses petits bars tenus par des expats qui ont fini par rester. Mae Nam, c’est Koh Samui avant que Chaweng ne devienne Chaweng.

Le W est planté là, côte nord, face au golfe de Thaïlande. Vingt minutes de l’aéroport, pas plus. Quand on compare avec les quarante-cinq minutes de route pour atteindre certains resorts de la côte sud-ouest comme le Conrad ou l’InterContinental, c’est un vrai confort. Surtout quand on débarque d’un vol depuis Bangkok à onze heures du soir, que les enfants dorment à moitié et que la route côtière n’a pas de lampadaires. Ce transfert court, c’est un luxe silencieux que beaucoup de voyageurs sous-estiment avant d’arriver.

La plage de Mae Nam elle-même est agréable sans être extraordinaire. Sable fin, légèrement doré, eau généralement calme de décembre à avril, cocotiers qui fournissent l’ombre qu’il faut. Les couchers de soleil sont beaux – on voit le soleil tomber droit dans le golfe, et les soirs sans nuage, les couleurs sont spectaculaires. Mais soyons honnêtes : rien qui rivalise avec la crique privée du Four Seasons à Laem Yai ou le croissant de sable blanc du SALA Samui à Chaweng Noi. On ne vient pas au W pour la plage. On y vient pour tout ce qui se passe derrière.

Un bémol que beaucoup de clients découvrent trop tard : le service de navette est quasi inexistant. L’hôtel est dans un secteur où on ne peut rien faire à pied. Pas de 7-Eleven au coin de la rue, pas de restaurant local accessible en marchant, pas de petit commerce pour dépanner. Le Fisherman’s Village de Bophut se trouve à environ dix minutes en voiture, le Central Festival de Chaweng à vingt-cinq. Si on ne loue pas un scooter ou une voiture, on est captif du resort. Grab fonctionne bien à Samui et offre des tarifs plus transparents que les taxis négociés au bord de la route, mais cette dépendance aux transports agace pas mal de voyageurs. Et on les comprend : à ce niveau de tarif, un service de navette régulier vers Bophut ou Chaweng devrait être un acquis, pas une option.

Des villas partout, des piscines pour tout le monde

Le vrai coup de force du W, celui qui le sépare immédiatement du reste de l’offre hôtelière sur l’île : chaque villa a sa piscine privée. Chaque. Villa. Y compris l’entrée de gamme. Dans la plupart des resorts de luxe à Koh Samui, la piscine privée commence à la troisième ou quatrième catégorie, avec le supplément tarifaire qui va avec. Au Ritz-Carlton, il faut monter en suite pour avoir son bassin. Au Vana Belle, même logique. Ici, on réserve la moins chère et on plonge chez soi à trois heures du matin si ça nous chante. Le Banyan Tree propose aussi des villas avec piscine dès l’entrée de gamme, mais sur un registre complètement différent – beaucoup plus classique, beaucoup plus zen, beaucoup moins Rock’n’Roll.

Le design intérieur ne ressemble à rien d’autre sur l’île. Des couleurs vives plaquées sur du bois tropical, des luminaires en soie tissée à la main qui projettent des ombres chaudes le soir, du mobilier anguleux qui fait plus galerie d’art contemporain que chambre d’hôtel traditionnelle. Quand on entre dans une villa du W pour la première fois, on a une réaction. Pas une réaction tiède – une vraie réaction. Soit on trouve ça audacieux et stimulant, soit on trouve ça trop. Il n’y a pas de juste milieu.

La dernière fois qu’on est passés prendre un verre avec des amis qui y séjournaient, on a trouvé leur villa visuellement frappante. Les proportions étaient généreuses, la lumière naturelle inondait l’espace de vie, et le contraste entre les teintes vives du mobilier et les tons chauds du bois créait quelque chose d’unique. Et en même temps, le canapé avait vu des jours meilleurs, la jointure de la porte-fenêtre coulissante avait clairement besoin d’attention, et les coussins d’extérieur au bord de la piscine commençaient à se décolorer. Ce contraste entre l’ambition esthétique d’origine et l’usure du quotidien revient dans pratiquement tous les retours récents des voyageurs, et il mérite d’être pris au sérieux. On y reviendra.

Côté catégories, pas besoin de détailler les huit une par une. Ce qu’il faut retenir :

  • La Tropical Oasis Villa (entrée de gamme, 163 m²) est déjà spacieuse et dispose d’une vraie piscine, pas d’un bassin décoratif. À partir de 389 dollars la nuit, c’est l’un des meilleurs rapports surface-piscine-prix de l’île. Par contre, pas de vue mer – on regarde la végétation tropicale depuis la terrasse, ce qui a son charme mais n’a rien à voir avec un panorama sur le golfe.
  • Pour la vue, il faut monter en gamme : la WOW Ocean Haven (185 m²) offre un panorama dégagé sur le golfe depuis la terrasse et la piscine. Le matin, prendre son café face à cette étendue bleue, c’est exactement le genre de moment qu’on vient chercher à Koh Samui. C’est la catégorie qu’on recommande aux couples en lune de miel qui veulent le cadre sans exploser le budget.
  • Les Jungle Oasis (195 m²) sont enfoncées dans la végétation. On n’entend rien, on ne voit personne, juste le chant des oiseaux et le bruissement des palmes. Pour ceux qui veulent le calme total, c’est le bon choix – à condition d’accepter de ne pas voir la mer et d’être prêts à marcher un peu plus pour rejoindre les espaces communs.

Au-delà de ces trois catégories principales, le W propose des résidences à une, deux et trois chambres pour les familles ou groupes d’amis, avec des surfaces allant de 280 à plus de 650 m². Le calcul peut devenir intéressant quand on répartit le coût entre plusieurs couples ou une famille élargie. Au sommet de la pyramide, il y a la villa de quatre chambres qui fait plus de 2 000 m². C’est un domaine entier avec cuisine professionnelle et piscine à débordement face à la mer. On parle de tarifs bien au-dessus de 640 dollars la nuit, mais divisé par quatre couples pour une célébration ou un anniversaire collectif, ça peut devenir un très bon plan.

Dernier point qui compte pour les expatriés et les résidents de longue date : le W accepte les animaux de compagnie. C’est suffisamment rare dans le luxe en Thaïlande pour qu’on le signale. On connaît au moins deux couples sur l’île qui y réservent spécifiquement pour cette raison quand ils ont des visiteurs qui voyagent avec leur chien. L’hôtel fournit des équipements dédiés sur demande – gamelles, couchage, zone de promenade – et le personnel est visiblement habitué aux compagnons à quatre pattes.

NAMU : la meilleure table du resort, et l’une des bonnes tables de l’île

On va parler restauration en premier parce que c’est là que le W marque le plus de points, et de loin.

NAMU, le restaurant japonais, a une réputation qui dépasse largement les murs du resort. On y croise régulièrement des gens qui ne sont pas clients de l’hôtel – des résidents de l’île qui viennent pour un dîner entre amis, des touristes logés ailleurs qui ont entendu parler de l’adresse par le bouche-à-oreille. Le comptoir à sushis est le meilleur endroit pour s’asseoir : on regarde le chef travailler, on discute avec lui entre deux pièces, et la fraîcheur du poisson est irréprochable. Les menus dégustation sont bien construits, avec une progression qui commence léger et monte en intensité. Les grillades au robatayaki ont du caractère, les présentations sont soignées sans verser dans l’esbroufe. On a testé deux fois le omakase au comptoir, et les deux fois, on a trouvé ça sérieux. Ce n’est pas le meilleur japonais de notre vie, mais pour Koh Samui, c’est un cran au-dessus de ce qu’on trouve habituellement. En haute saison, réserver la veille ne suffit pas toujours – les tables au comptoir partent vite, et il vaut mieux s’y prendre deux ou trois jours à l’avance.

Le restaurant principal, The Kitchen Table, est celui du petit-déjeuner. Et là, il faut reconnaître un truc : ce petit-déjeuner est remarquable. Les voyageurs en parlent de façon quasi unanime comme l’un des meilleurs qu’ils aient connus en hôtel, et ils n’exagèrent pas. Le buffet est généreux, varié, avec des stations de cuisson en direct – omelettes à la demande, nouilles sautées minute, pancakes et crêpes – qui évitent la monotonie des grandes tables de petit-déjeuner industrielles où tout est tiède et posé depuis une heure. Les viennoiseries sont fraîches, le choix de fruits tropicaux est impeccable, et la section asiatique permet de commencer la journée avec un bol de congee ou une soupe de nouilles si on a envie de changer de registre. Un couple qu’on connaît, qui a séjourné dans une dizaine d’hôtels de luxe à travers l’Asie du Sud-Est ces dernières années, nous a dit sans hésiter que le petit-déjeuner du W était le meilleur matin qu’ils avaient connu en hôtel. C’est peut-être un peu excessif, mais pas tant que ça. Le petit-déjeuner est inclus dans le tarif de la chambre, ce qui est loin d’être la norme dans cette gamme de prix et représente une vraie économie quand on sait ce que coûte un breakfast dans un cinq étoiles à la carte.

Le soir, The Kitchen Table propose une carte internationale avec des accents thaïlandais et asiatiques. C’est correct, les ingrédients sont frais et souvent d’origine locale, mais ça n’a pas le punch de NAMU. On s’y arrête quand on veut quelque chose de simple et rapide, pas quand on veut un moment gastronomique.

Le troisième pilier, c’est le WOOBAR, et c’est autant un bar qu’un spectacle. Positionné face au golfe avec la piscine commune à ses pieds, c’est le coeur social du resort. Les cocktails sont bien faits – les mixologistes travaillent avec des fruits locaux, de la citronnelle, du galanga, des épices qu’ils vont parfois chercher au marché du coin, et les présentations sont soignées sans tomber dans le gimmick instagrammable qui sacrifie le goût pour la photo.

Mais le vrai moment, c’est le fire show de 20h30. Des jongleurs de feu locaux qui tournent des bâtons enflammés et lancent des cerceaux incandescents pendant une vingtaine de minutes. La première fois qu’on l’a vu, on était franchement sceptique. Un spectacle de feu dans un resort cinq étoiles, ça peut virer folklorique et gênant en moins de deux. Mais non. Les artistes sont bons, vraiment bons. L’ambiance monte vite dans le public, et quand le ciel est dégagé, avec les étoiles derrière les flammes, la brise du golfe et le crépitement du feu qui se mêle au bruit des vagues, c’est un vrai moment de grâce. On l’a vu cinq ou six fois maintenant, et on n’est toujours pas blasés.

Après le show, des sets de DJ prolongent la soirée. C’est festif sans être assourdissant – on n’est pas sur une full moon party à Koh Phangan – mais c’est clairement plus animé que ce qu’on trouve dans les resorts contemplatifs du genre Six Senses ou Napasai. Une carte de tapas et de planches à partager permet de grignoter sans avoir à retourner au restaurant, ce qui est bien vu quand on a la flemme de bouger après trois cocktails.

Le spa, la piscine et le reste

L’AWAY Spa est agréable sans être exceptionnel. Les cabines de soin sont semi-ouvertes sur la végétation, ce qui crée une atmosphère naturellement détendue – on entend les oiseaux, on sent l’air tropical, et le cadre fait la moitié du travail avant même que la thérapeute ne commence. Les masseuses maîtrisent bien les techniques thaïlandaises traditionnelles et les soins utilisent des ingrédients locaux – coco, citronnelle, gingembre – d’une manière qui sent le vrai produit plutôt que le marketing. On recommande d’y aller en fin d’après-midi, quand la chaleur tombe et que la lumière dorée filtre à travers les frondaisons. C’est le créneau idéal, et en plus il y a souvent de la disponibilité à cette heure-là parce que la plupart des clients sont au bord de la piscine. Un bon massage thaïlandais d’une heure suffit à remettre d’aplomb après une journée de plage, et les tarifs restent raisonnables pour un spa d’hôtel cinq étoiles.

La piscine commune, celle qui jouxte le WOOBAR, est le point de ralliement social du resort. Transats bien espacés, cocktails qui arrivent sans avoir à se lever, musique d’ambiance qui passe progressivement du chill matinal au deep house de fin d’après-midi. C’est le lieu où on se retrouve quand on sort de sa villa et qu’on a envie de voir du monde. L’atmosphère est plus festive que dans la plupart des resorts de l’île, ce qui plaît à certains et en irrite d’autres. Si on cherche un coin tranquille pour lire son Kindle sans entendre de splash toutes les trente secondes ou sans subir la playlist du DJ, mieux vaut rester au bord de sa piscine privée. C’est d’ailleurs tout l’intérêt d’avoir les deux options.

L’hôtel met à disposition une salle de fitness correctement équipée, ouverte tôt le matin pour les lève-tôt, des cours de yoga dans le jardin tropical qui valent le détour ne serait-ce que pour le cadre, et du matériel nautique en accès libre sur la plage – kayaks, paddles, masques et tubas. La mer est assez calme pour le paddle la plupart du temps, et on peut pagayer le long de la côte de Mae Nam sans difficulté. Des excursions en bateau vers Koh Phangan ou le parc marin d’Ang Thong peuvent être organisées via la réception, avec des prestataires locaux fiables. Rien de surprenant dans cette liste, rien de décevant non plus. C’est l’équipement standard d’un cinq étoiles qui fait bien les choses sans chercher à réinventer la roue.

Ce qui pose problème, et il faut en parler

Le W Koh Samui affiche un 9,2 sur Booking.com et se classe premier des hôtels de Mae Nam sur TripAdvisor avec plus de 2 500 avis. Les chiffres sont bons. Mais derrière les moyennes, certaines critiques reviennent avec une régularité qui ne peut pas être ignorée, et ce serait malhonnête de les passer sous silence.

Le vieillissement des installations est le sujet numéro un. Mobilier fatigué, équipements de salle de bains qui montrent leur âge, terrasses dont le bois aurait besoin d’un sérieux coup de frais, joints qui noircissent, robinetterie qui commence à dater. Pour un resort qui s’est construit sur le design et le style, qui se vend comme une expérience esthétique, cette usure crée un décalage pénible avec la promesse d’origine. On ne parle pas d’un petit hôtel de charme qui vieillit avec patine – on parle d’un établissement dont l’identité repose sur le contemporain et le neuf, et qui n’est plus ni l’un ni l’autre dans certaines villas. Un hôtel peut vieillir avec grâce quand son architecture le permet. Ce n’est pas le cas ici. Le W a besoin d’une rénovation sérieuse, pas juste d’un rafraîchissement cosmétique.

Le service est le deuxième point sensible. Pas en termes de gentillesse – le personnel est chaleureux et souriant, les voyageurs le reconnaissent souvent et citent des noms de membres du staff qui se sont surpassés. Mais en termes de fiabilité et de constance, c’est autre chose. Des demandes faites à la réception qui ne sont pas suivies d’effet, des temps d’attente trop longs au restaurant le soir, des fluctuations de qualité selon les équipes en poste, des petits couacs logistiques qui s’accumulent. Pris isolément, chacun de ces incidents est mineur. Ensemble, ils créent une impression d’approximation qui passe mal dans un hôtel à 400 dollars la nuit minimum. Le Ritz-Carlton a ses propres défauts – on ne s’en cache pas dans notre article dédié – mais la constance et la rigueur du service n’en font pas partie. Le W pourrait s’en inspirer.

Et puis il y a cette histoire de navette, déjà mentionnée plus haut. L’isolement du resort sans moyen de transport autonome est un vrai frein pour ceux qui veulent explorer l’île. On a lu des avis de voyageurs qui se sont sentis piégés, et le mot n’est pas trop fort quand on est arrivé sans louer de véhicule et que le seul plan B est un tuk-tuk négocié à prix fort sur le bord de la route ou un Grab qui met parfois quinze minutes à arriver. C’est un problème que d’autres resorts de la côte nord, comme le Napasai, gèrent mieux avec un service de voiture plus souple.

Pour qui, et surtout pas pour qui

Le W Koh Samui est un hôtel pour couples. Plus spécifiquement, pour les couples qui veulent du caractère, de l’ambiance et de l’intimité dans la même adresse. La piscine privée le jour, le fire show le soir, NAMU pour le dîner romantique, le petit-déjeuner en amoureux le lendemain matin – la recette fonctionne. Les voyageurs en lune de miel ou en anniversaire y trouvent un cadre qui a de la personnalité, loin des resorts interchangeables qui se copient les uns les autres d’une île à l’autre. L’hôtel propose d’ailleurs des packages pour ces occasions – décorations florales dans la villa, gâteau, soins spa en duo – le genre d’attentions qui comptent quand on célèbre quelque chose.

Les membres Marriott Bonvoy ont une raison supplémentaire de considérer l’adresse : cumul de points, possibilité de surclassement pour les statuts élevés, avantages exclusifs. Pour ceux qui accumulent des nuits dans le programme et qui cherchent à rentabiliser leur fidélité, le W représente un levier réel dans une destination où les options Marriott ne sont pas légion.

Les passionnés d’architecture et de design y viendront pour l’esthétique, même imparfaite. Il n’y a rien de comparable sur l’île dans ce registre-là. Le Nikki Beach joue aussi la carte du style, mais dans un genre beach club glamour qui n’a rien à voir avec l’approche du W. Le Centara Reserve est magnifique mais dans une veine plus conventionnelle.

En revanche, si on voyage avec des enfants en bas âge, le W n’est pas l’endroit. L’ambiance festive du soir, les espaces communs pensés pour les adultes, le manque d’infrastructure kid-friendly, l’absence de kids club digne de ce nom – tout indique que les familles seront mieux servies au Meliá avec son laser tag et ses activités pour enfants, ou au Hyatt Regency dont le programme familial est autrement plus étoffé. Si on cherche le silence et la retraite absolue, le Cape Fahn sur son île privée à trois minutes de bateau est imbattable – vingt-deux villas, pas de bruit, pas de DJ, pas de fire show, juste le bruit de la mer. Et si on attend un service de palace sans le moindre faux pas, le Four Seasons reste la référence de Koh Samui. C’est aussi nettement plus cher, il est vrai.

Infos pratiques

Catégorie Détails
Tarifs 389 – 640+ USD / nuit selon la villa et la saison
Quartier Mae Nam, côte nord de Koh Samui
Plage Plage de Mae Nam (accès direct)
Distance aéroport 9,4 km (environ 20 minutes)
Idéal pour Jeunes couples, lune de miel, anniversaires, membres Marriott Bonvoy, passionnés de design
Note Booking.com 9,2 / 10 (216 avis)
Programme fidélité Marriott Bonvoy

Bien préparer son séjour

La haute saison à Koh Samui court de mi-décembre à fin mars, avec un pic tarifaire marqué pendant les fêtes de fin d’année et le Nouvel An chinois en janvier-février. Les prix peuvent doubler, voire tripler pour certaines catégories pendant ces périodes. Pour ceux qui ont de la flexibilité, avril-mai et octobre-novembre offrent des tarifs nettement plus doux avec une météo tout à fait vivable. Il pleut davantage, c’est vrai, mais rarement toute la journée – les averses tropicales durent une heure ou deux, puis le soleil revient. Et l’île est moins fréquentée, ce qui a ses avantages.

Le choix de la villa dépend d’une seule question : est-ce que la vue mer compte ? Si oui, il faut investir dans une Ocean Haven ou Ocean Front. La différence de tarif est significative, mais la vue au réveil change la nature du séjour. Les Tropical Oasis sont parfaites en termes d’espace et de confort, mais on regarde des arbres depuis la terrasse, pas le golfe de Thaïlande. Pour le calme, les Jungle Oasis sont situées à l’écart du WOOBAR et de son animation nocturne – un critère qui peut faire la différence entre bien dormir et mal dormir pour les voyageurs sensibles au bruit.

Les membres Marriott Bonvoy ont souvent intérêt à réserver en direct sur le site de l’hôtel pour bénéficier de la garantie du meilleur tarif et du cumul de points. Mais en basse saison, certaines agences en ligne cassent ponctuellement les prix de manière significative. Ça vaut toujours le coup de passer quinze minutes à comparer avant de confirmer.

Le fire show commence à 20h30 tous les soirs au WOOBAR. On conseille d’arriver vingt minutes avant pour avoir une bonne place en terrasse face au spectacle et le temps de commander un cocktail. Ce serait dommage de le rater, même si on n’est pas fan de spectacle en général – c’est l’un des rares moments à Samui où on sent l’énergie d’une tradition locale dans un cadre contemporain.

Et puis explorez Mae Nam. Sortez du resort, louez un scooter pour la journée, et allez vous perdre. Le marché du jeudi soir, Walking Street comme l’appellent les locaux, est une institution : pad thaï à 50 bahts, som tam préparé devant vous avec le mortier et le pilon, brochettes de porc grillé qui valent n’importe quel restaurant de l’île, et des fruits tropicaux découpés en barquettes pour quelques dizaines de bahts. Les petites adresses le long de la route principale de Mae Nam servent des plats thaïlandais authentiques qui enfoncent la plupart des cartes de room service de l’île. On a notre préféré, une gargote sans enseigne à trois minutes du temple chinois, mais on préfère le garder pour soi.

Pour les pourboires, 100 à 200 bahts par jour pour le personnel de ménage et 50 à 100 bahts par service pour les bagagistes. C’est toujours apprécié et contribue à entretenir un bon rapport avec le staff tout au long du séjour.

Notre avis

Le W Koh Samui, c’est un hôtel qu’on recommande les yeux ouverts – pas les yeux fermés. On recommande parce que la promesse de base est solide : une villa avec piscine privée dès l’entrée de gamme, un petit-déjeuner qui donne envie de se lever tôt, un bar qui donne envie de ne pas se coucher, et un restaurant japonais qui justifie à lui seul une soirée sur place même quand on n’y réside pas. On recommande parce que l’énergie du lieu est unique à Samui – ce mélange de design, de musique, de feu et de décontraction tropicale ne se retrouve nulle part ailleurs sur l’île.

Mais on recommande aussi en disant les choses telles qu’elles sont : les villas ont besoin d’être rénovées, et pas qu’un peu. Le service manque de régularité dans l’exécution. Et sans voiture ou scooter, on est coincé dans le resort sans alternative pratique. Ce ne sont pas des détails, ce sont des points qui peuvent transformer un séjour mémorable en expérience mitigée si on ne les anticipe pas.

Si on est un couple qui aime le design, les soirées qui ont du caractère et l’intimité d’une piscine rien qu’à soi, le W reste l’un des meilleurs rapports expérience-prix de l’île dans sa catégorie. Si on cherche la perfection technique, le service irréprochable au quart de tour et des installations sans la moindre rayure, il faut regarder ailleurs. Le Centara Reserve sur la côte de Chaweng est flambant neuf et impeccable. Le Four Seasons joue dans une autre ligue en termes de service. L’Anantara Lawana à Chaweng Noi offre aussi des villas avec piscine dans un cadre mieux entretenu. Chacun ses priorités.

A lire aussi

Si Mae Nam et la côte nord vous attirent, on a aussi écrit sur le Six Senses Samui, référence du bien-être et de la durabilité sur les hauteurs du nord de l’île, et sur le Napasai by Belmond, un classique discret et élégant à deux pas de là sur la même plage. Pour une comparaison avec la côte sud-ouest, le Conrad offre des villas panoramiques sur la pointe de l’île, et l’InterContinental à Taling Ngam a les plus belles vues sur les cinq îles de tout Koh Samui. Et pour ceux qui veulent le summum du raffinement, le Four Seasons à Laem Yai reste la référence absolue de l’île.

Laurent

Passionné par Koh Samui, partage ses découvertes et conseils sur la vie et l'immobilier sur cette île paradisiaque du golfe de Thaïlande.

12 commentaires

  1. Le W c’est exactement ce qu’on attendait : fun, design, et festif. Le Woobar au bord de la piscine avec DJ set le soir, les cocktails ultra-créatifs, l’ambiance qui monte… c’est le seul resort de luxe à Samui où on fait vraiment la fête. Par contre si vous cherchez le calme et la zénitude, passez votre chemin, c’est clairement pas le concept.

  2. Le design des villas est ouf. Très contemporain, coloré, avec plein de petits détails fun. Le minibar est remplacé par un « munchie box » pleine de snacks premium. La douche extérieure dans un jardin tropical c’est top aussi. C’est un hôtel qui ne se prend pas au sérieux et c’est rafraîchissant.

  3. L’article décrit bien l’ambiance. Le SIP bar est notre spot préféré pour un cocktail au calme (contrairement au Woobar qui est plus animé). La carte de mixologie est impressionnante. Côté bouffe, le restaurant thaï The Kitchen Table est très bon, surtout les plats du sud de la Thaïlande.

  4. On avait 55 ans et on s’est sentis un peu décalés honnêtement. La clientèle est très jeune (25-40 ans), la musique est omniprésente, et l’ambiance est très « see and be seen ». Si vous avez plus de 50 ans et que vous cherchez la quiétude, c’est pas l’endroit. Cela dit, les installations sont impeccables et le service est bon.

  5. EVJF au W = meilleure idée ever. On était 6 filles, on a pris 2 villas piscine, et on a passé un week-end de folie entre le Woobar, le spa (le soin à 4 mains est dingue) et les pool parties. Le staff a même organisé une déco spéciale dans la villa. Ils ont l’habitude des groupes festifs et ils gèrent.

  6. Le W est cool mais faut avouer que la plage de Maenam à cet endroit est pas la plus belle de l’île. Le sable est correct mais rien d’exceptionnel. La piscine compense largement par contre.

  7. Mon copain et moi on a adoré le concept. C’est le premier hôtel de luxe où on ne s’est pas sentis obligés de chuchoter et de porter du lin blanc. L’énergie est positive, la déco est instagrammable (le néon « W » dans la villa, les murs colorés), et la nourriture est top. Le brunch du dimanche au bord de la piscine avec DJ c’est un must !

  8. Petite question : la musique le soir va jusqu’à quelle heure ? On voyage avec notre bébé de 14 mois et on a peur que ça soit trop bruyant pour dormir. Ou alors les villas sont bien insonorisées ?

  9. Astuce : le W a des soirées thématiques régulières (Full Moon Party version luxe, White Party, etc.). Consultez le calendrier avant de réserver pour tomber sur un événement, ça vaut le coup ! On a eu la chance d’être là pour la pool party du Nouvel An et c’était mémorable.

  10. Le W est parfait pour un couple trentenaire qui veut du luxe sans le côté guindé. Le seul hic c’est que le petit-déj est un peu limité comparé à d’autres resorts de cette gamme. Et les prix au Woobar sont vraiment élevés, même pour un 5 étoiles (400-500 THB le cocktail).

  11. On sort de 4 nuits au W et je confirme tout ce que dit l’article sur l’ambiance. C’est vibrant, moderne, et décalé. Le spa AWAY est très bien aussi — décor contemporain et soins de qualité. Gros coup de coeur pour le massage aux pierres chaudes. Et le check-in avec un cocktail de bienvenue donne le ton tout de suite !

  12. Pour répondre à @Raphaël : les villas sont assez bien insonorisées mais celles proches du Woobar peuvent être bruyantes le week-end. Demandez une villa dans la zone « Retreat » au fond du resort, c’est plus calme. Mais franchement avec un bébé de 14 mois je conseillerais plutôt le Four Seasons ou le Banyan Tree.

Laisser un commentaire