On ne va pas se mentir : c’est cher, c’est compliqué à réserver, et on y retourne quand même
Il y a des endroits à Koh Samui dont on entend parler pendant des mois avant d’y mettre les pieds. Tree Tops Sky Dining, c’est exactement ça. Quand on s’est installé sur l’île il y a des années, un voisin expatrié nous avait dit, avec ce ton à la fois blasé et enthousiaste qu’ont les résidents de longue date : « Il y a un truc dans un arbre géant à Chaweng Noi, c’est complètement dingue. » On avait hoché la tête poliment en pensant que c’était encore un de ces restaurants à touristes avec des lampions dans les branches et du pad thai à 800 bahts.
On avait tort.
La première fois qu’on a dîné à Tree Tops, c’était un soir de décembre, pour l’anniversaire d’un ami qui venait de Bordeaux. On avait réservé quatre jours à l’avance parce qu’il n’y a que huit tables et que la haute saison ne pardonne pas. On est arrivé à l’Anantara Lawana en fin d’après-midi, un peu en avance pour le premier service de 18 heures. Le gardien à l’entrée du resort nous a laissé passer après vérification de la réservation — parce qu’il faut le savoir, Tree Tops est techniquement à l’intérieur de l’hôtel, et on ne rentre pas comme dans un restaurant de bord de route. Un buggy électrique nous a conduit à travers les jardins du resort, le long d’un chemin bordé de frangipanier, jusqu’à cet arbre.
Cet arbre. Un rain tree centenaire, un de ces géants tropicaux dont les branches s’étalent sur des dizaines de mètres comme les bras d’un titan végétal. Et dans sa canopée, suspendues ou plutôt nichées entre les branches, huit salas — des pavillons ouverts en bois et en toile, chacun éclairé à la bougie, chacun offrant une vue plongeante sur le golfe de Thaïlande. Notre ami bordelais, qui n’est pas du genre à s’émouvoir facilement, a posé sa bière (qu’il avait eu le temps de commander au bar en attendant) et a dit : « Bon, d’accord, je comprends pourquoi vous restez ici. »
Ce soir-là, on a compris que Tree Tops n’était pas un simple restaurant. C’est une mise en scène, un spectacle culinaire, une expérience qu’on ne reproduit nulle part ailleurs sur l’île. Et depuis, on y est retourné plusieurs fois — pas souvent, parce que notre portefeuille a ses limites — mais assez pour avoir un avis solide sur ce qui marche, ce qui agace, et pourquoi cet endroit mérite qu’on en parle sérieusement.
Le cadre : entre magie et marketing, la ligne est fine
Soyons honnêtes d’emblée : quand on lit « dîner au sommet des arbres », on imagine peut-être une cabane perchée à quinze mètres du sol, accessible par une échelle de corde, avec le vent dans les cheveux et le vertige aux tripes. La réalité est plus mesurée. Les salas sont des structures en dur, élevées sur pilotis et intégrées dans la canopée du rain tree. On est en hauteur, oui. On est entouré de branches et de feuillage, absolument. Mais on n’est pas littéralement assis sur une branche comme un oiseau. C’est plus un pavillon dans un arbre qu’un nid en haut d’un séquoia.
Est-ce que ça gâche l’expérience ? Pas du tout. Parce que le résultat visuel est saisissant. Quand le soleil descend derrière les cocotiers et que les bougies commencent à danser sur les tables en bois sombre, quand le bruissement des feuilles se mêle au clapotis lointain des vagues, quand la lumière dorée du couchant filtre à travers la canopée — on comprend pourquoi cet endroit collectionne les avis dithyrambiques. Plus de 2 000 avis sur TripAdvisor et une note de 4.6 sur Restaurant Guru ne tombent pas du ciel, même dans un arbre centenaire.
Chaque sala est privée. On est séparé des autres tables par le feuillage et la structure même de l’arbre. Pas de voisin de table qui parle trop fort, pas de musique de fond agressive, pas de serveurs qui courent dans tous les sens. Le rythme est lent, délibéré, presque cérémoniel. C’est le genre d’endroit où on ne regarde pas son téléphone — pas parce qu’on nous le demande, mais parce qu’on n’en a pas envie.
Notre opinion franche : le cadre à lui seul vaut la peine de s’y rendre au moins une fois. Même si vous trouvez la cuisine trop chère ou pas à votre goût, l’atmosphère de ces salas perchées dans la canopée au coucher du soleil est quelque chose qu’on ne trouve nulle part ailleurs à Samui. Pas à Dining on the Rocks, qui joue dans une catégorie similaire mais avec un décor de rochers et d’océan. Pas à The Cliff, dont la terrasse est magnifique mais résolument terrestre. Tree Tops occupe un créneau à part.
La cuisine du Chef Joao Costa : quand le Portugal rencontre le golfe de Thaïlande
Le chef exécutif de Tree Tops s’appelle Joao Costa. Portugais d’origine, il a cuisiné en Algérie, au Qatar, aux Maldives, avant de poser ses couteaux à Koh Samui. Son parcours explique beaucoup de choses quand on goûte ses plats : il y a cette capacité à naviguer entre les saveurs méditerranéennes et les épices asiatiques sans que ça ressemble à un accident de cuisine fusion.
Depuis mars 2025, Tree Tops propose deux menus dégustation en huit services. Le premier, « Embers of Earth & Ocean », est le menu signature. Il tourne autour du feu — charbon, braise, grill — avec des produits marins pêchés à la ligne et du wagyu grillé au charbon de bois. Le second, « Roots of Earth & Bloom », est une option entièrement végétarienne qui a été une vraie surprise pour nous, habitués à considérer les menus végétariens en Thaïlande comme une version triste du menu principal.
On va parler de ce qu’on a mangé, pas de ce que la carte promet. La dernière fois qu’on y est allé, au printemps 2025, le menu « Embers » démarrait avec un amuse-bouche de crevette fumée au bois de tamarin, posée sur une tuile de riz croustillante. Un truc minuscule, deux bouchées, mais le genre de deux bouchées qui vous font fermer les yeux. Ensuite, un tartare de poisson à la mangue verte et au piment d’Espelette — la patte portugaise du chef qui s’invite sans crier gare. Un velouté de potiron au lait de coco et citronnelle, servi dans un bol en céramique artisanale, tiède et réconfortant malgré la chaleur tropicale. Le plat de poisson — un mérou pêché à la ligne, grillé au charbon et accompagné d’une sauce au tamarin et galanga — était techniquement impeccable. La cuisson, cette frontière délicate entre le nacré et le sec, était exactement là où elle devait être.
Le wagyu est le clou du spectacle. Pas une pièce massive comme dans un steakhouse américain, mais des tranches fines, grillées à la braise, servies avec un condiment aux herbes thaïes qui relevait la viande sans la masquer. C’est sur ce plat qu’on a senti que le chef savait exactement ce qu’il faisait : laisser le produit parler, l’accompagner plutôt que le transformer.
Les desserts, on va être directs, sont le point faible relatif du menu. Pas mauvais — le soufflé au chocolat et fruit de la passion était parfaitement exécuté — mais moins mémorables que les plats salés. On a le sentiment que l’équipe en cuisine met toute son énergie créative dans les premiers services, et que le sucré arrive comme une conclusion polie plutôt qu’un feu d’artifice final. Ce n’est pas rédhibitoire, mais quand on paye ce prix-là, on attend que chaque service soit un événement.
Notre avis tranché sur la cuisine : c’est du très haut niveau pour Koh Samui, probablement dans le top 3 de l’île en termes de technique et de créativité. Mais ce n’est pas de la cuisine qui va faire trembler Bangkok ou Singapour. Le chef Costa fait un travail remarquable avec les produits locaux et sa sensibilité euro-asiatique, mais on reste dans du fine dining de resort, pas dans de la haute gastronomie d’avant-garde. Et c’est très bien comme ça — parce que le cadre ne demande pas de la provocation culinaire, il demande de la justesse.
Le sommelier : la vraie star de la soirée
On ne peut pas parler de Tree Tops sans mentionner Emma — Rangsinee Promjant de son vrai nom — la sommelière du restaurant. Si vous avez la chance de tomber sur elle lors de votre dîner, écoutez-la. Vraiment. Cette femme connaît ses 170 étiquettes comme on connaît nos voisins de soi : intimement, avec leurs qualités et leurs défauts.
L’accord mets-vins est proposé en option à partir de 2 700 bahts, et c’est là qu’on va donner un conseil que peu de gens donnent : prenez-le. Non pas parce que les vins sont exceptionnels en soi — la carte est solide, avec des références de 13 pays, mais on n’est pas chez un caviste parisien — mais parce que les accords qu’Emma propose sont pensés spécifiquement pour les plats du chef Costa. Un Grüner Veltliner autrichien avec le tartare de poisson, un Malbec argentin avec le wagyu, un Sauternes avec le dessert au fruit de la passion — chaque verre raconte une histoire qui complète l’assiette. On a fait l’expérience une fois avec l’accord et une fois sans, et la différence est notable. Avec l’accord, le dîner passe de « très bon repas » à « soirée qu’on n’oublie pas ».
Les prix : parlons-en franchement
Voilà le moment où il faut poser les chiffres sur la table, parce que Tree Tops n’est pas un restaurant où on décide d’aller sur un coup de tête.
- Menu dégustation « Embers of Earth & Ocean » : 3 900++ bahts par personne (le « ++ » signifie que les taxes et le service s’ajoutent, comptez environ 4 600 bahts tout compris)
- Menu végétarien « Roots of Earth & Bloom » : 3 200++ bahts par personne (environ 3 800 bahts tout compris)
- Accord mets-vins : à partir de 2 700++ bahts
Pour un couple qui prend le menu signature avec l’accord vins, on arrive facilement à 14 000-16 000 bahts, soit environ 380 à 430 euros. Pour un dîner. Sur une île où on peut manger un excellent pad thai pour 80 bahts et un repas gastronomique thaï chez Phensiri pour une fraction de ce prix.
Est-ce que ça vaut le coup ? Notre réponse est nuancée, et c’est la réponse honnête : oui, si c’est pour une occasion spéciale et qu’on peut se le permettre sans stress financier. Non, si on doit se priver de trois dîners ailleurs pour s’offrir celui-ci. Tree Tops est un restaurant d’exception, pas un restaurant du quotidien, et il ne prétend pas l’être. Le problème, c’est quand des touristes y vont en pensant que c’est « juste un bon restaurant » et repartent avec un choc à la lecture de l’addition. Sachez ce que vous payez avant de réserver. Il y a un dépôt de 1 000 bahts par personne à la réservation, ce qui devrait déjà donner le ton.
Pour mettre en perspective : Dining on the Rocks, l’autre grande table gastronomique de l’île (au Six Senses), joue dans la même gamme de prix mais avec un concept différent. Si vous ne deviez en choisir qu’un des deux, Tree Tops l’emporte sur le cadre, Dining on the Rocks sur la vue mer. La cuisine est comparable en qualité, avec des styles différents.
La logistique : tout ce qu’il faut savoir avant de réserver
Tree Tops ne fonctionne pas comme un restaurant normal, et c’est un point qui frustre beaucoup de gens. Voici ce qu’on a appris au fil des réservations :
Le restaurant n’ouvre que le soir, avec deux services. Le premier de 18h à 20h, le second de 21h à 23h. On recommande fermement le premier service, et pas seulement parce qu’on aime manger tôt (péché d’expatrié sous les tropiques). Le premier service permet d’arriver avec la lumière du jour, de voir le soleil se coucher depuis la canopée, et de profiter de cette transition magique entre le jour doré et la nuit étoilée. Le second service, on arrive dans le noir, et même si les bougies créent une atmosphère intime, on perd la moitié du spectacle visuel.
La réservation doit se faire au minimum 24 heures à l’avance, et en haute saison on recommande plutôt deux à trois jours. On appelle directement l’hôtel au +66 77 960 333. Huit tables seulement — quand c’est plein, c’est plein, et il n’y a pas de plan B. On a vu des couples déçus repartir plus d’une fois parce qu’ils avaient tenté le « on verra bien sur place ». Ne faites pas cette erreur.
L’accès se fait par l’Anantara Lawana, un resort situé entre Chaweng Noi et Bo Phut. Si vous n’êtes pas client de l’hôtel, vous devez vous présenter à la réception avec votre confirmation de réservation. C’est un peu formel, mais le personnel est accueillant et un buggy vous emmène directement au restaurant. Prévoyez d’arriver quinze minutes en avance — pas pour faire la queue, mais pour profiter du bar et du chemin qui mène aux salas, qui fait partie intégrante de l’expérience.
Côté tenue, on est sur du smart casual. Pas besoin de costume-cravate — on est à Samui, pas à Monte-Carlo — mais le short de plage et les tongs ne passent pas. Une chemise en lin, un pantalon léger, des chaussures fermées pour les hommes. Une robe d’été pour les femmes. Rien de contraignant, juste du bon sens.
Pour qui, pas pour qui : soyons clairs
Tree Tops est un restaurant de couple. C’est pensé pour deux personnes qui veulent passer une soirée romantique, intime, sans bruit et sans distraction. Les salas privées, la lumière tamisée, le service discret — tout est calibré pour ça. Si vous êtes en voyage de noces, si vous fêtez un anniversaire de mariage, si vous voulez faire une demande en mariage sur une île tropicale, c’est le décor rêvé.
C’est aussi un excellent choix pour les passionnés de gastronomie qui veulent voir ce que la scène culinaire de Samui peut offrir de mieux en termes de fusion euro-asiatique.
En revanche, et on ne va pas tourner autour du pot :
- Avec des enfants, c’est une mauvaise idée. Le service dure deux heures minimum, les plats sont sophistiqués, l’ambiance est calme. Un enfant qui s’ennuie dans une sala perchée, c’est stressant pour tout le monde.
- En groupe de plus de quatre, c’est compliqué. Les salas sont conçues pour des tables de deux, maximum quatre. Pas de grande tablée possible.
- Si le budget est serré, ne forcez pas. Il y a des dizaines de restaurants excellents sur l’île qui offrent une expérience mémorable pour un dixième du prix. Coco Tam’s sur la plage de Fisherman’s Village, par exemple, offre une soirée pieds dans le sable avec cocktails et musique live pour le prix d’un seul verre de vin à Tree Tops.
L’anecdote qu’on raconte à chaque fois
On va partager un moment qui résume assez bien ce que Tree Tops représente pour nous. C’était lors de notre troisième visite, il y a quelques mois. On avait invité un couple d’amis français qui visitaient Samui pour la première fois. Lui, chef dans un bistrot lyonnais, le genre de type qui décortique chaque plat avec un sérieux chirurgical. Elle, plus détendue, mais avec un palais tout aussi redoutable après vingt ans de vie commune avec un cuisinier.
On les avait prévenus : « C’est cher, c’est dans un arbre, et si tu passes la soirée à comparer avec ton restaurant, tu vas être malheureux. » Il avait grommelé quelque chose sur les « restaurants de resort » et la « cuisine d’hôtel », ce mépris professionnel qu’ont parfois les chefs quand ils mangent chez les autres.
Le buggy nous a déposé au pied de l’arbre. La montée vers notre sala s’est faite en silence — même le chef lyonnais avait fermé son clapet devant la canopée illuminée. On s’est installé, on a commandé l’accord vins sur les conseils d’Emma qui nous avait reconnus, et le premier amuse-bouche est arrivé.
Au troisième plat — le poisson grillé au charbon — notre ami a posé sa fourchette, a regardé sa femme, puis nous, et a dit : « Le salopard. Il a une cuisson parfaite et il ne fait même pas semblant que c’est difficile. » Venant d’un homme qui passe douze heures par jour derrière ses fourneaux, c’était le plus beau compliment qu’il pouvait faire.
Le reste de la soirée, on a parlé de cuisine, de la Thaïlande, de la vie sur une île, des choix qu’on fait quand on quitte l’Europe pour s’installer sous les tropiques. À un moment, entre le wagyu et le dessert, un gecko a traversé une branche juste au-dessus de notre table, s’est arrêté, nous a regardés, et a continué son chemin comme s’il inspectait la salle. La femme de notre ami a éclaté de rire. « Même le service d’étage est local », a-t-elle dit. On a tous ri, le serveur aussi, et ce moment — le rire, la canopée, les étoiles qui commençaient à apparaître au-dessus de nous, le goût du vin encore sur les lèvres — c’est exactement pour ça qu’on vit ici.
Ce qui pourrait être mieux : nos critiques honnêtes
On aime Tree Tops, c’est clair. Mais l’amour n’empêche pas la lucidité, et il y a des choses qui nous agacent.
Le prix, d’abord, même si on l’a déjà dit. Il y a un décalage entre ce qu’on paye et la réalité culinaire. On paye le cadre autant que la cuisine, et ce n’est pas un reproche en soi — on paye aussi le cadre quand on va dans un restaurant avec vue sur la Tour Eiffel — mais il faudrait que Tree Tops l’assume plutôt que de se présenter uniquement comme une expérience gastronomique. C’est une expérience globale, et la gastronomie en est une composante. Pas la totalité.
Le système des deux services est rigide. Si on arrive à 18h pile, on a deux heures pour huit plats, un accord vins, et le café. C’est faisable, mais ça met une pression implicite sur le rythme du dîner. On a parfois senti que les serveurs accéléraient légèrement entre le sixième et le septième plat pour libérer la table à temps pour le second service. Ce n’est pas flagrant, mais quand on paye ce prix, on aimerait ne jamais sentir qu’on est sur un chronomètre.
L’accessibilité est un problème pour certains. Les salas sont en hauteur, il y a des escaliers, et le terrain n’est pas plat. Les personnes à mobilité réduite auront des difficultés. On n’a pas vu de solution alternative proposée, ce qui est dommage pour un établissement de ce standing.
Enfin, le marketing autour du « dîner dans les arbres » crée parfois des attentes irréalistes. Certains visiteurs arrivent en espérant une expérience de cabane dans les arbres façon aventure et sont déçus par le côté resort sophistiqué. Ce n’est la faute de personne en particulier, mais une communication plus honnête éviterait ces déconvenues.
Le chef, son parcours, sa cuisine : pourquoi ça fonctionne
Joao Costa n’est pas le genre de chef qui cherche les projecteurs. Dans un monde où les cuisiniers signent des livres et font de la télé, lui préfère rester dans sa cuisine — ou plutôt dans la canopée de son arbre — et laisser les assiettes parler. Son parcours est pourtant fascinant. D’Algérie au Qatar, des Maldives à Koh Samui, chaque escale a laissé une empreinte sur sa manière de cuisiner.
Ce qu’on apprécie particulièrement dans son approche, c’est l’absence de prétention intellectuelle. Il n’y a pas de concept philosophique derrière chaque plat, pas de manifeste culinaire à lire avant de manger. C’est de la cuisine directe, technique, qui respecte les produits et les traditions dont elle s’inspire sans se prendre pour une oeuvre d’art contemporain. Le poisson est pêché à la ligne, le wagyu est de qualité premium, les herbes viennent des potagers de l’Anantara. C’est simple dans l’intention, complexe dans l’exécution, et c’est exactement ce qu’il faut pour cet endroit.
L’ajout du menu végétarien « Roots of Earth & Bloom » en 2025 a été une décision intelligente. Trop longtemps, les restaurants gastronomiques en Thaïlande ont traité les végétariens comme des invités de seconde zone, avec un menu réduit et sans imagination. Costa a pris le problème à l’envers : son menu végétarien n’est pas une version appauvrie du menu classique, c’est un menu autonome avec sa propre logique, ses propres textures, ses propres surprises. On l’a testé, et honnêtement, certains plats rivalisent avec les créations du menu « Embers ». Le velouté de champignons sauvages au miso et truffe, notamment, était un des meilleurs plats végétariens qu’on ait mangé sur l’île.
Tree Tops vs. le reste : où se situe ce restaurant sur la carte gastronomique de Samui
Koh Samui n’est plus le désert culinaire qu’elle a pu être il y a quinze ans. La scène gastronomique s’est considérablement étoffée, avec des adresses qui couvrent tout le spectre, du street food sublime au fine dining international.
Dans la catégorie fine dining de resort, Tree Tops partage le podium avec Dining on the Rocks au Six Senses Samui. Les deux jouent sur l’expérience immersive — l’un dans les arbres, l’autre sur les rochers — et les deux proposent des menus dégustation à des prix comparables. Si on devait trancher (et on va le faire, parce que c’est à ça que servent les avis honnêtes), on dirait que Tree Tops l’emporte sur l’intimité et l’originalité du cadre, tandis que Dining on the Rocks offre une vue mer plus spectaculaire et une ambiance légèrement plus décontractée. La cuisine est de niveau comparable, avec des styles différents.
En dessous de cette catégorie ultra-premium, des restaurants comme The Cliff Bar & Grill offrent une expérience gastronomique de très bon niveau dans un cadre magnifique pour la moitié du prix. C’est un point important : si votre motivation première est la qualité de la nourriture plutôt que l’expérience globale, The Cliff est un choix plus rationnel.
Et puis il y a tout le reste de l’île — les restaurants thaïs authentiques, les beach clubs, les gargotes de marché nocturne — qui rappellent que Samui est avant tout une île thaïlandaise où la meilleure nourriture n’est pas toujours la plus chère. Un dîner les pieds dans le sable à Coco Tam’s avec des cocktails au son d’un groupe live, ce n’est pas comparable à Tree Tops, mais c’est une soirée qu’on ne regrette jamais.
Le verdict : à qui on recommande Tree Tops, et comment en profiter au maximum
Après plusieurs visites, après y avoir amené des amis, de la famille, après y avoir fêté des occasions et y être allé aussi « juste comme ça », voici notre verdict.
Tree Tops Sky Dining est le restaurant le plus unique de Koh Samui. Pas nécessairement le meilleur en termes de pure gastronomie — il y a des tables plus créatives et plus audacieuses dans les grandes villes thaïlandaises — mais le plus unique dans sa combinaison de cadre exceptionnel, de cuisine de haute qualité, et d’atmosphère intimiste. C’est un endroit qui transforme un dîner en souvenir, et dans un monde où on oublie la plupart des repas qu’on prend, ça vaut quelque chose.
Pour en profiter au maximum, voici nos conseils de résidents, forgés à l’usage :
Réservez le premier service de 18h. Le coucher de soleil depuis la canopée est un spectacle gratuit qui multiplie la valeur de votre soirée. Arrivez quinze minutes en avance pour profiter du chemin et du bar.
Prenez l’accord mets-vins. Oui, ça fait monter l’addition. Mais les accords d’Emma transforment le dîner. Si le budget est vraiment serré, demandez-lui de vous recommander une bouteille plutôt que l’accord complet — elle saura choisir.
Si vous hésitez entre les deux menus, « Embers of Earth & Ocean » reste l’incontournable. Le wagyu grillé au charbon et le poisson pêché à la ligne sont les plats signatures pour une bonne raison. Mais si vous êtes végétarien ou simplement curieux, « Roots of Earth & Bloom » n’est pas un lot de consolation — c’est un vrai menu.
Allez-y pour une occasion. Pas parce qu’on ne peut pas y aller sans raison, mais parce que le souvenir sera d’autant plus marquant s’il est associé à un moment de vie. Anniversaire, demande en mariage, retrouvailles avec des amis qu’on n’a pas vus depuis longtemps, premier soir de vacances méritées — Tree Tops magnifie ces moments.
Et surtout, une fois installé dans votre sala, rangez votre téléphone. Regardez les branches au-dessus de vous, écoutez le vent dans les feuilles, sentez l’odeur du charbon qui monte de la cuisine, goûtez le premier amuse-bouche avec les yeux fermés. Parce que Tree Tops, au fond, ce n’est pas qu’un restaurant. C’est une parenthèse. Et les parenthèses, on les savoure mieux quand on est pleinement présent.
Tree Tops Sky Dining & Bar se trouve au sein de l’Anantara Lawana Koh Samui Resort, entre Chaweng Noi et Bo Phut. Ouvert uniquement le soir, deux services (18h-20h et 21h-23h). Réservation obligatoire au minimum 24 heures à l’avance au +66 77 960 333. Dépôt de 1 000 bahts par personne. Compter 6 000 à 8 000 bahts par personne avec l’accord vins. Huit tables uniquement — ne comptez pas sur la chance, réservez.

La cuisine est bonne mais c’est l’ambiance qui justifie les prix. Un cadre vraiment unique au monde.
Le service est impeccable et très attentionné. On se sent vraiment privilégiés là-haut dans les arbres.
Réservez le pod le plus éloigné pour plus d’intimité. Le pod central est un peu trop visible des autres tables.
On a eu la chance d’y aller un soir de pleine lune. L’éclairage naturel à travers les feuilles, c’était magique.
La montée en funiculaire fait partie de l’expérience ! Nos enfants étaient surexcités.
Merci pour l’article détaillé ! On hésitait avec le Dining on the Rocks, on a finalement choisi Tree Tops et on ne regrette pas.
Tree Tops est l’expérience la plus unique de Samui. Dîner dans les arbres avec vue sur la jungle, c’est féérique.
Le concept est magique mais les prix sont salés. Prévoyez 3000-4000 bahts pour deux minimum.