The Page : quand le décor vole la vedette à l’assiette

Il y a des endroits à Samui où l’on revient pour la nourriture. D’autres pour la vue. Et puis il y a The Page, le restaurant du Library Hotel, où l’on revient surtout parce qu’on n’a toujours pas réussi à prendre la photo parfaite de cette foutue piscine rouge. On exagère à peine. The Page est l’un de ces restaurants qui divise : ceux qui crient au génie et ceux qui regardent l’addition en se demandant s’ils n’auraient pas mieux fait de manger un pad thai à 60 bahts au marché de Lamai.

On connaît bien l’endroit — on y a traîné des amis de passage, on y a célébré un anniversaire qu’on préférerait oublier, et on y retourne régulièrement pour l’afternoon tea quand on veut jouer aux touristes raffinés. Après plusieurs années sur l’île et un nombre de visites qu’on ne compte plus, on a un avis solide sur cet endroit — avec ses hauts vertigineux et ses bas agaçants. Voici notre verdict, sans langue de bois.

Le décor qui a fait le tour du monde

Commençons par ce qui attire tout le monde ici : le cadre. The Library est un hôtel de design signé par l’architecte thaïlandais Tirawan Songsawat, membre du réseau Design Hotels, et tout dans cet endroit a été pensé pour plaire à l’oeil. Le thème littéraire imprègne chaque recoin — The Drawing Room, The Drink Gallery, The Tapas Bar — et The Page s’inscrit dans cette cohérence avec une élégance qu’on retrouve rarement sur l’île.

Le restaurant occupe une position enviable en front de mer, directement sur Chaweng Beach, mais dans la partie nord, suffisamment éloignée de l’agitation des bars et du chaos nocturne du centre. On est à trois minutes à pied de la plage, et pourtant on se croirait dans un autre monde. Le mobilier contemporain joue avec des touches de couleur sobres, les lignes sont épurées, et l’ensemble dégage une atmosphère de calme qui contraste violemment avec le Chaweng qu’on connaît.

Et puis il y a la Red Pool. Cette piscine rouge sang, votée parmi les plus belles piscines d’hôtel au monde par à peu près tous les magazines qui comptent, sert de toile de fond au restaurant. La première fois qu’on l’a vue, on est restés plantés comme des idiots pendant cinq bonnes minutes. Les carreaux rouges créent un effet visuel saisissant — l’eau prend des teintes de rubis sous le soleil, vire au bordeaux profond en fin d’après-midi, et devient carrément dramatique au coucher du soleil. C’est un spectacle en soi, et on comprend pourquoi la moitié des clients passent plus de temps à photographier la piscine qu’à regarder leur assiette.

Notre opinion tranchée : c’est le plus beau décor de restaurant de toute l’île. On a dîné dans des endroits spectaculaires — Dining on the Rocks chez Six Senses a ses rochers vertigineux, The Cliff a son panorama de carte postale — mais The Page offre quelque chose d’unique : un design contemporain radical qui ne ressemble à rien d’autre à Samui. Ce n’est pas le charme tropical classique avec ses coussins en soie et ses lanternes, c’est de l’architecture d’intérieur élevée au rang d’expérience culinaire.

Petit détail qui compte : la disposition des tables est pensée pour que presque chaque couvert ait un angle sur la piscine. On a testé plusieurs emplacements au fil de nos visites — côté plage, côté jardin, en retrait sous la structure couverte. Le meilleur spot, à notre avis, c’est la rangée qui longe directement la Red Pool, légèrement surélevée. On y gagne le reflet de l’eau en premier plan et la mer en arrière-plan. Si vous réservez, demandez explicitement une table « poolside » — le staff comprendra. Le soir, quand les lumières s’allument sous l’eau et que la surface rouge prend une incandescence presque irréelle, l’effet est encore plus saisissant qu’en journée. On a vu des couples rester assis là une heure après le dessert, juste pour profiter de la lumière.

Une soirée type à The Page

On va vous raconter notre dernière visite plutôt que de vous débiter un inventaire froid.

On débarque un samedi vers 18h30, l’heure idéale. Le soleil descend, la lumière rase transforme la Red Pool en une surface qui semble vivante, presque organique. On est accueillis par un staff souriant qui nous installe à une table côté piscine — on avait réservé, et on vous recommande d’en faire autant, surtout le week-end. La carte arrive, on commande des cocktails en apéritif.

Et c’est là que les choses deviennent intéressantes. Les cocktails de The Page ne sont pas de simples boissons. Le barman arrive avec un plateau, et la préparation se fait en partie à table — un peu de fumée, un geste théâtral avec les zestes, une présentation qui relève du petit spectacle. On a eu droit à un cocktail signature à base de rhum vieilli et de fruits locaux qui était franchement excellent, et un mocktail au tamarin et gingembre qui valait le détour pour les non-buveurs. Les cocktails ici sont une expérience à part entière, pas juste un accompagnement.

On attaque ensuite la carte. Le menu international mêle influences occidentales et ingrédients thaïlandais de qualité, avec une vraie recherche dans la présentation. Chaque assiette qui arrive est visuellement irréprochable — les couleurs, les textures, la disposition, tout est pensé comme un tableau. Le pad see ew, que plusieurs habitués considèrent comme l’un des meilleurs de l’île, nous a agréablement surpris par sa profondeur de saveur et son wok hei bien maîtrisé. Les fruits de mer étaient frais, le poisson cuit avec justesse.

Mais — et c’est un « mais » important — on ne va pas prétendre que tout était parfait.

La suite du repas a été un mélange de bonnes surprises et de frustrations. Un tartare de thon visuellement impeccable — dressage au millimètre, touche de sésame noir, fleur comestible — mais dont l’assaisonnement jouait trop la prudence. Un curry de crabe du Kin Hor, en revanche, qui nous a scotchés par sa complexité aromatique. Et entre les deux, une attente de quarante minutes qui nous a laissé le temps de contempler le crépuscule entier, du début à la fin, sans plat devant nous. Joli spectacle, mais on aurait préféré le regarder en mangeant.

L’addition, pour deux personnes avec deux cocktails chacun, un tartare en entrée, deux plats et un dessert partagé, est montée à un peu plus de 7 500 bahts — environ 195 euros au taux du moment. On ne s’attendait pas à moins, mais la part des taxes et du service (ces fameux 27%) reste une pilule difficile à avaler.

Ce qu’on mange (et ce qu’on en pense vraiment)

La carte de The Page se divise en plusieurs expériences distinctes, et c’est l’une des forces de l’endroit : on ne mange pas la même chose selon le moment de la journée.

Le petit-déjeuner est servi de 7h à 10h30 et il est payant, même pour les résidents de l’hôtel — un détail qui agace certains voyageurs habitués aux formules tout inclus. On ne l’a testé qu’une fois, et c’était correct sans être mémorable. Si vous logez au Library, ne vous attendez pas à un buffet gargantuesque — c’est un petit-déjeuner à la carte, soigné mais contenu.

Le service continu entre le déjeuner et le dîner est un vrai avantage. On peut débarquer à 15h sans se heurter à un rideau de fer, ce qui n’est pas si courant à Samui en dehors des resorts de luxe. C’est pratique quand le rythme de l’île prend le dessus et qu’on mange quand on a faim, pas quand le restaurant décide.

La vraie pépite, c’est le menu Kin Hor. Créé par le Chef Beach, ce menu propose des plats samuiens ancestraux — des recettes locales que même beaucoup de Thaïlandais ne connaissent pas. On parle ici de la cuisine de Samui, pas de la cuisine thaïlandaise générique qu’on retrouve partout. C’est un concept unique sur l’île, et à notre connaissance, aucun autre restaurant de ce standing ne fait cet effort de préservation culinaire. Le Chef Beach a fouillé les traditions, retrouvé des recettes de familles locales, et les a revisitées avec un savoir-faire contemporain sans les dénaturer.

Pour comprendre l’importance du Kin Hor, il faut savoir que Samui a une identité culinaire propre, distincte de Bangkok ou de Chiang Mai. L’île a longtemps vécu de la noix de coco et de la pêche, et sa cuisine reflète cette histoire — des préparations à base de lait de coco frais, des poissons fumés ou séchés selon des techniques qui se transmettaient oralement, des herbes et des épices qu’on ne trouve que dans les jardins des familles locales. Beaucoup de ces recettes étaient en train de disparaître, noyées sous le flot de restaurants touristiques servant tous le même green curry standardisé. Ce que fait le Chef Beach avec le Kin Hor, c’est littéralement de la sauvegarde patrimoniale, servie dans des assiettes de design contemporain. Le contraste est fascinant.

Si vous ne devez commander qu’une chose ici, prenez un plat du Kin Hor. On insiste.

L’afternoon tea avec les thés Mariage Frères est une addition récente qui vaut le déplacement si vous êtes amateur de ce genre de rituel. Les mignardises artisanales sont jolies, les thés excellents, et l’ensemble se déguste avec la Red Pool en arrière-plan. On a emmené une amie parisienne qui nous a dit que « même au George V, l’afternoon tea n’a pas cette vue. » On la soupçonne d’exagérer, mais le compliment était sincère.

Maintenant, soyons honnêtes sur ce qui fâche. Il y a un décalage entre la promesse de la carte et la réalité de certains plats. Les descriptions sont alléchantes, presque poétiques, mais l’exécution ne suit pas toujours. On a eu des plats de fruits de mer dont la garniture était moins généreuse que ce que le menu laissait imaginer, et certaines préparations internationales manquaient de caractère — correctes techniquement, mais sans cette étincelle qui justifie le prix affiché. Un soir, un risotto aux crevettes joliment dressé s’est révélé fade, presque timide en assaisonnement. C’est frustrant quand le visuel promet un feu d’artifice et que le palais reçoit un feu de camp mouillé.

Notre opinion tranchée : la cuisine oscille entre le très bon et le décevant, selon ce qu’on commande. Les plats thaïlandais et le menu Kin Hor sont nettement au-dessus du lot. Les plats internationaux, eux, sont parfois trop sages, comme si la cuisine n’osait pas aller aussi loin que le design de l’hôtel. Si vous venez ici, restez dans la cuisine locale — c’est là que The Page brille vraiment.

Ce qu’on boit

On l’a déjà évoqué, mais les cocktails méritent leur propre chapitre. The Drink Gallery — le bar attenant à The Page — propose une carte de cocktails qui prend manifestement son sujet au sérieux. Les spiritueux sont de bonne facture, les combinaisons inventives sans tomber dans l’excès, et la présentation relève d’un travail d’orfèvre.

Le service des cocktails à table est un moment en soi. Il y a un côté performatif assumé qui fonctionne bien dans ce cadre ultra-design — le barman ne se contente pas de poser un verre, il raconte une histoire. Certains trouveront ça prétentieux, on trouve ça cohérent avec l’esprit du lieu. Quand tout autour de vous est pensé comme une mise en scène, un cocktail servi sans cérémonie serait presque décevant.

La carte des vins est correcte sans être exceptionnelle — on est à Samui, pas à Saint-Émilion, et les marges sur le vin importé sont ce qu’elles sont partout en Thaïlande, c’est-à-dire douloureuses. On recommande plutôt les cocktails et les mocktails, qui offrent un bien meilleur rapport qualité-prix et correspondent davantage à l’ambiance tropicale de l’endroit.

L’afternoon tea avec les thés Mariage Frères est une autre façon de profiter de la carte des boissons. Pour ceux qui ne connaissent pas, Mariage Frères est une maison de thé parisienne fondée en 1854, et retrouver leurs thés à Samui a quelque chose de délicieusement incongru. Le Marco Polo servi ici était impeccable.

Le service : le meilleur et le pire

Le personnel de The Page est globalement charmant. L’accueil est chaleureux, les sourires sont naturels (pas ces rictus forcés qu’on voit dans certains resorts), et il y a une vraie attention portée au client. Lors de notre anniversaire raté — longue histoire, n’insistez pas — le staff avait improvisé une petite attention qui nous a touchés.

Cela dit, il y a un problème récurrent qu’on ne peut pas ignorer : la lenteur. On ne parle pas d’un service décontracté à la thaïlandaise, on parle d’attentes qui peuvent devenir véritablement longues. Entre la commande et l’arrivée des plats, il faut parfois s’armer de patience. Et entre le moment où on demande l’addition et celui où elle arrive, on a eu le temps de finir un chapitre entier du bouquin qu’on avait amené — ce qui est thématiquement approprié vu le concept littéraire de l’hôtel, mais pratiquement agaçant.

On a aussi remarqué que les tables ne sont pas toujours débarrassées spontanément. Il faut parfois faire signe pour qu’on enlève les assiettes vides, ce qui casse un peu le rythme du repas et contraste avec le niveau de raffinement qu’on attend d’un établissement de ce calibre. Ce n’est pas rédhibitoire, mais dans un restaurant où l’on paie ce prix, le service devrait être aussi soigné que la présentation des plats.

Pour être justes, on précise que la qualité du service varie selon les moments. En basse saison, quand le restaurant est à moitié vide, tout coule : les plats arrivent dans un timing raisonnable, le staff est disponible, l’expérience est fluide. C’est en haute saison et les week-ends chargés que le bât blesse — le nombre de couverts semble dépasser la capacité de la cuisine, et les temps d’attente s’allongent sensiblement. Si vous avez le choix, visez un mardi ou mercredi soir pour profiter du meilleur de The Page sans les inconvénients de l’affluence.

Un dernier point sur le service : le personnel parle anglais couramment, et on a même entendu quelques bribes de français lors d’une visite — une serveuse avait travaillé à Paris et prenait un plaisir évident à pratiquer. Ce n’est pas garanti à chaque visite, mais c’est le genre de détail qui compte quand on veut comprendre les subtilités du menu Kin Hor ou se faire expliquer la carte des cocktails.

L’addition : parlons-en franchement

C’est le sujet qui fâche, et on va être directs. The Page est cher. Très cher, même pour un restaurant de resort cinq étoiles à Samui. Comptez entre 1 000 et 3 500 bahts par personne selon votre appétit et vos choix, mais ce n’est que le début de l’histoire.

Ce que beaucoup de visiteurs découvrent avec surprise — et pas la bonne — c’est le surcoût de 27% ajouté à tous les plats : 10% de service charge et 17% de taxe gouvernementale. Un plat affiché à 800 bahts sur la carte vous coûtera en réalité plus de 1 000 bahts. On sait que c’est une pratique courante dans l’hôtellerie de luxe en Thaïlande, mais l’addition cumulée peut transformer un dîner agréable en douche froide au moment de régler.

Notre opinion tranchée : le rapport qualité-prix n’est pas au rendez-vous pour la partie cuisine, soyons clairs. On paie principalement pour le cadre, l’expérience, et le privilège de dîner devant la Red Pool. Si c’est ce que vous cherchez et que vous en avez les moyens, foncez. Mais si vous venez uniquement pour manger, vous trouverez des assiettes aussi bonnes — voire meilleures — pour beaucoup moins cher dans d’autres adresses de l’île. Barracuda à Bophut, par exemple, propose une cuisine d’un niveau supérieur pour un budget comparable, et Coco Tam’s offre une ambiance de plage décontractée avec une cuisine honnête à une fraction du prix.

Cela dit, pour le Kin Hor, les cocktails et l’afternoon tea, on estime que le prix se justifie davantage — ce sont des expériences uniques qu’on ne trouve nulle part ailleurs sur l’île.

Pour qui est fait The Page ?

The Page n’est pas pour tout le monde, et c’est tant mieux — un restaurant qui essaie de plaire à tout le monde finit par ne satisfaire personne.

C’est l’adresse idéale pour les couples amoureux de design et d’architecture. Si votre moitié fond devant un beau mobilier autant que devant un coucher de soleil, vous avez trouvé votre table. Les instagrammeurs et créateurs de contenu y trouveront un terrain de jeu inépuisable — entre la Red Pool, le design du restaurant et la présentation des plats, chaque angle offre un cadre photogénique.

Les amateurs de gastronomie locale curieux devraient venir spécifiquement pour le menu Kin Hor du Chef Beach. C’est une expérience qu’on ne trouve nulle part ailleurs et qui mérite le détour, même si le reste de la carte est inégal. Et pour ceux qui aiment le rituel de l’afternoon tea, la version de The Page avec les thés Mariage Frères est l’une des plus réussies de Samui.

En revanche, on déconseille The Page aux budgets serrés — il n’y a rien à faire, c’est un restaurant de luxe avec des prix de luxe et un surcoût de 27% qui ne pardonne pas. Les familles avec enfants turbulents passeront un mauvais moment : l’atmosphère est calme et feutrée, et vos voisins de table ne vous pardonneront probablement pas une crise de larmes pendant leur cocktail signature. Et si vous êtes pressés, passez votre chemin — le rythme du service ici est celui d’un roman fleuve, pas d’une nouvelle.

Un conseil pratique : si vous hésitez à y consacrer un dîner complet (et le budget qui va avec), venez plutôt pour l’afternoon tea ou pour un apéritif cocktails en fin d’après-midi. On profite du cadre, on goûte à l’expérience signature de l’endroit, et l’addition reste contenue. C’est ce qu’on recommande aux amis qui visitent Samui pour la première fois — un avant-goût du Library sans le choc de l’addition du dîner. Ensuite, libre à chacun de revenir pour le Kin Hor s’il veut approfondir.

The Page vs. la concurrence : où on le place

Puisqu’on fait des comparaisons, autant les assumer jusqu’au bout. Sur l’île, The Page joue dans une catégorie bien particulière — celle des restaurants d’hôtel de luxe ouverts aux non-résidents et situés en bord de mer. La concurrence est rude.

En termes de cadre pur, The Page gagne haut la main. Aucun restaurant de Samui ne peut rivaliser avec le combo Red Pool plus plage plus design contemporain. Dining on the Rocks chez Six Senses offre un décor naturel plus spectaculaire — perché sur des rochers au-dessus de la mer — mais dans un registre complètement différent, organique et sauvage là où The Page est géométrique et maîtrisé. Les deux méritent une visite, pour des raisons opposées.

En termes de cuisine, on est plus nuancés. Barracuda à Bophut fait mieux dans l’assiette avec un budget similaire, et c’est notre adresse de référence quand on veut se régaler sans arrière-pensée. Les tables des hôtels du Four Seasons ou du Cape Fahn sont techniquement au-dessus en termes d’exécution culinaire. Mais aucune de ces adresses n’a le concept unique du Kin Hor, et c’est là que The Page conserve un avantage décisif pour quiconque s’intéresse à la gastronomie locale.

En termes d’ambiance, Coco Tam’s est aux antipodes — décontracté, pieds dans le sable, musique douce et prix doux — et convient à des soirées radicalement différentes. Il n’y a pas de compétition directe entre les deux, ce sont des expériences complémentaires. On alterne entre l’un et l’autre selon l’humeur.

Le vrai concurrent direct de The Page, si on devait en désigner un, serait probablement les restaurants du W Koh Samui — même positionnement design-forward, même clientèle branchée, même gamme de prix. Mais le W mise davantage sur l’énergie et la fête, là où The Library cultive le calme et la contemplation. Question de tempérament.

Infos pratiques

Adresse 14/1, Moo 2, Chaweng Beach, Bo Phut, Koh Samui, Surat Thani 84320
Cuisine Thaïlandaise contemporaine, internationale, fusion
Petit-déjeuner 7h00 – 10h30 (payant)
Déjeuner et dîner Service continu
Budget 1 000 – 3 500 THB par personne (hors 27% taxes et service)
Réservation Recommandée, surtout le week-end
Ouvert aux non-résidents Oui
TripAdvisor #27 sur 174 restaurants à Chaweng
Hôtel The Library, membre Design Hotels

Notre avis final

The Page est un restaurant qu’on recommande en connaissance de cause et avec des réserves claires. Le cadre est exceptionnel — probablement le plus beau décor de restaurant de Koh Samui, et la Red Pool en arrière-plan justifie à elle seule une visite. Les cocktails sont remarquables, l’afternoon tea est une réussite, et le menu Kin Hor du Chef Beach est une pépite de gastronomie samuienne authentique qu’il serait dommage de manquer.

Mais on ne va pas se mentir : la cuisine internationale est irrégulière, les portions parfois chiches pour le tarif, et l’addition finale avec les 27% de surcoût peut laisser un goût amer qui n’a rien à voir avec la sauce. Le service, bien que chaleureux, souffre de lenteurs qui testent la patience.

Si on devait résumer en une phrase : venez pour l’expérience, pas uniquement pour l’assiette. Commandez du Kin Hor, prenez des cocktails, profitez du coucher de soleil sur la Red Pool, et considérez le tout comme un moment de vie plutôt que comme un simple dîner. Avec cet état d’esprit, The Page est mémorable. Si vous venez juste manger, vous risquez d’être déçu du rapport qualité-prix.

Un dernier mot sur l’évolution du lieu. The Library et The Page continuent de se réinventer — l’ajout du menu Kin Hor est récent, l’afternoon tea Mariage Frères aussi. L’hôtel investit dans son offre culinaire, et on a le sentiment que la trajectoire est ascendante. Le jour où la cuisine sera aussi audacieuse que l’architecture, The Page deviendra l’une des tables incontournables de Samui, sans réserve aucune. On n’en est pas encore là, mais les fondations sont posées.

On continue d’y aller régulièrement, ce qui en dit peut-être plus long que tout ce qu’on vient d’écrire. Et on emmène systématiquement nos visiteurs voir cette piscine rouge au moins une fois — ne serait-ce que pour voir leur tête quand ils la découvrent.

À lire aussi

Laurent

Passionné par Koh Samui, partage ses découvertes et conseils sur la vie et l'immobilier sur cette île paradisiaque du golfe de Thaïlande.

6 commentaires

  1. La cuisine est raffinée et la présentation soignée. Le déjeuner face à la mer est un moment suspendu.

  2. The Page au Library Resort est un concept unique. Le design tout blanc avec la piscine rouge, c’est surréaliste.

  3. Merci pour cette découverte ! On passait devant The Library depuis des années sans savoir qu’on pouvait y manger.

  4. C’est un restaurant d’hôtel mais on n’est pas obligés d’y séjourner. Ça vaut le détour juste pour le dîner.

Laisser un commentaire